Programme
article publié le 26/05/2009
auteur-e(s) : Attac France

version au 5 août



 Filière 1 : Faut-il dépasser le capitalisme ?

La crise globale qui secoue le capitalisme mondialisé et financiarisé montre que ce système économique n’est pas soutenable. L’issue de cette crise dépendra beaucoup des politiques qui seront menées, des rapports de force entre le mouvement social et les classes dominantes, entre les pays du centre et de la périphérie, et de notre capacité à proposer une nouvelle grille d’analyse et à avancer des propositions alternatives. Cette filière aborde ces différentes questions devenues essentielles aujourd’hui.

1. Origines de la crise et néolibéralisme
La crise peut donner lieu à plusieurs interprétations. Cette crise est-elle liée à une remise en cause du rapport salarial, au surendettement et à la surconsommation des ménages états-uniens. Ou est-elle plutôt le résultat des politiques néolibérales qui ont organisé la mise en concurrence des travailleurs, ainsi que des Etats, de leurs systèmes sociaux et fiscaux.
Isaac Johsua et Stéphanie Treillet

2. Les stratégies des classes dominantes – Europe / Etats-Unis
Les classes dominantes ont une grande part de responsabilité dans la crise actuelle.Mais elles vont évidemment tout mettre en oeuvre pour préserver leur domination et leurs intérêts de classe. Toutefois, les classes dominantes ne sont pas homogènes. Certaines élites plus éclairées peuvent accepter des compromis sous la pression du mouvement social et des forces politiques. Mais il faut s’attendre à ce qu’une autre partie des élites cherche plutôt à durcir le système économique et être complices d’une répression politique et sociale renforcée à mesure que la crise va s’approfondir. Par ailleurs, les comportements des classes dominantes peuvent être différentes des deux côtés de l’Atlantique, dans la mesure où le contexte économique et politique y est différent.
Pierre Dardot, Michel Pinçon

3. Propositions pour une sortie de crise
Le capitalisme a atteint ses limites. La surexploitation de la planète et des hommes conduit au désastre. Les propositions altermondialistes pour une sorite de crise s’inscrivent dans une rupture radicale avec le système économique productiviste actuel. Ce qui implique d’articuler changement social et écologique.
Geneviève Azam et Dominique Plihon

4. La monnaie dans le capitalisme et nos alternatives
La monnaie est une institution centrale de toute société. Le capitalisme a asservi la monnaie pour en faire un instrument de spéculation et de prédation. Nous proposons une autre conception de la monnaie, considérée comme un bien public, ce qui implique une « dé-privatisation » de celle-ci et autre organisation du système bancaire.
Jean-Marie Harribey et Dominique Plihon

5. Relecture de Keynes et Marx
Keynes et Marx apportent des grilles d’analyses différentes mais complémentaires pour comprendre l’instabilité financière et la crise du capitalisme. Ces approches théoriques retrouvent toute leur importance aujourd’hui, mais il est toutefois nécessaire de voir comment elles s’appliquent précisément à la situation actuelle.
Pierre Dardot et Dominique Plihon

6. Pays émergents
La crise a révélé un bouleversement des rapports de force entre les pays de la planète. Les pays en voie d’industrialisation, dites « émergents » sont devenus des acteurs majeurs de la mondialisation, tout en dépendant étroitement de l’évolution des pays de la Triade. La notion de pays émergents est trompeuse, notamment parce que ces pays sont – sur les différents continents - dans des situations très différentes qu’il convient d’analyser avec précaution.
Eric Toussaint et Stéphanie Treillet

 Filière 2 : Biens publics mondiaux (BPM)

1. Stabilité financière et socialisation du secteur bancaire
La crise financière a montré les risques pour la société d’un système bancaire dérégulé et dirigé par des prédateurs sans autre but que la rentabilité à court terme. La monnaie est un bien public qui ne peut être créé par la seule logique du profit. L’Etat ne peut renflouer les banques sans contreparties. Le contrôle social des banques et la constitution d’un pôle public européen sont le moyen de déprivatiser la monnaie et les banques.
Denis Durand et Dominique Plihon

2. L’eau : un bien public vital
S’il est un bien public mondial dont le citoyen peut aisément cerner le bienfondé dans un environnement local comme dans une approche mondiale : c’est l’eau. Pour satisfaire leurs besoins essentiels alimentaires, d’hygiène, de santé et de bien-être ou pour répondre aux impératifs de production et de consommation dans l’ensemble des activités humaines : agriculture, élevage, pêche, industrie, habitat, urbanisme, loisirs, etc, les êtres humains et au-delà, le monde du vivant comme celui de la nature ont besoin d’eau en qualité et en quantité. Cela suffit pour faire de l’accès à l’eau un droit vital prioritaire parmi les droits humains contribuant au statut de dignité reconnu à tout être humain dans la Charte des Nations-Unies et la Déclaration universelle des droits de l’homme.

Cet atelier poursuit la réflexion sur les avancées et reculs dans les modes de gestion de cette ressource rare, et ce, à tous les niveaux, de l’individu à la communauté, du local au global. Comme lors de l’UE 2008, l’atelier pourrait comporter un film documentaire pour illustrer les débats.
Djilali Benamrane

3. Taxes globales et financement des BPM
Pour remédier aux maux qui accablent population et planète, la réponse imposée par les détenteurs du pouvoir est la même depuis des décennies : le marché ! Cette réponse était supposée tellement évidente que les puissants ont voulu, à la fin des années 1980, lui donner un titre, le «  consensus de Washington ». Ce "consensus" a failli, à l’inverse, les principes à observer, les mesures à prendre, les interdictions à décider sont nombreux. Tous devront être mis en œuvre par un processus démocratique et coopératif. en lieu et place de la compétition omniprésente qui a mené là où nous en sommes. C’est la démocratie qui saura dire, quels sont les biens publics, y compris mondiaux, qui ne sauraient être laissés aux marchés. L’exemple de la stabilité financière paraît, aujourd’hui, évident pour tout le monde, mais il en va ainsi, de la santé, de l’éducation, de l’environnement, du climat, de la diversité, etc. ; c’est encore le cas d’un bien public mondial par excellence, la paix ! Pour ce faire, il faut des ressources, abondantes et pérennes que seule la fiscalité peut fournir. De plus, elle seule est susceptible de respecter les nécessaires principes de justice, et de supporter, sur le long terme sans limite de générations, des financements d’investissements.
Jacques Cossart et Vincent Drezet

4. L’accaparement des terres face aux besoins alimentaires
L’accaparement de terres s’amplifie très vite dans de nombreux pays du Sud, après l’Europe centrale, avec à l’oeuvre des Etats et des firmes. Il s’agit, par l’achat ou par la location à très long terme de produire dans les pays à grandes disponibilités (pas toujours réelles) de terres encore bon marché. Les Etats (directement ou via des firmes) sont déficitaires au plan alimentaire et le seront encore davantage à long terme. Tandis que des multinationales agro-alimentaires et des investisseurs privés sont à la recherche de profits juteux en investissant dans ces terres pour produire soit des produits alimentaires (surtout des céréales et des oléo-protéagineux), soit, et de plus en plus des agrocarburants aux fins d’exportation, qui entrent en concurrence directe avec la production alimentaire.
Cette course a été accélérée par la flambée des prix de 2007-08 qui a provoqué une prise de conscience qu’ils resteront durablement élevés et sources de profits pour toutes les firmes concernées.
Qu’elle relève des Etats ou des firmes, cette stratégie s’inscrit pleinement dans la réponse plus globale du capitalisme à la crise alimentaire dans le cadre de sa crise globale. Cette stratégie repose sur un nouveau colonialisme privant les paysans du Sud et les peuples indigènes, de terres, d’emplois de revenus et de produits de subsistance, privant les Etats et les peuples d’autonomie, dans le cadre d’accords totalement inégaux, voire illégaux. Les conséquences écologiques sont également très graves du fait de la déforestation et des techniques utilisées.
Quelle est l’ampleur du phénomène quelles sont ses causes ? Et comment y faire face ?
Jacques Berthelot, Michel Buisson, Douglas Estevam

Bibliographie sommaire


- Attac, Rapport De la fin des paradis fiscaux aux taxes globales, http://www.france.attac.org/spip.ph...
- Attac, Lettres du conseil scientifique, http://www.france.attac.org/spip.ph...
- F. Houtart, L’agroénergie. Solution pour le climat ou sortie de crise pour le capital ? Couleur Livres, Bruxelles, 2009
- F. Lille, F. X. Verschave, On peut changer le monde – à la recherche des biens publics mondiaux, La Découverte, Paris, 2003
- F. Lille, À l’aurore du siècle, où est l’espoir – Biens communs et biens publics mondiaux, Tribord, Bruxelles, 2006.
- R. Petrella, L’eau, bien commun de l’humanité, Labor, Bruxelles, 1999.

Deux sites à consulter sur les problèmes des terres agricoles :
- http://www.agter.asso.fr/spip.php?r...
- http://www.grain.org

 Filière 3 : Des politiques alternatives

La condamnation du néolibéralisme et de ses conséquences doit s’accompagner de propositions alternatives montrant qu’il est possible de “faire autrement”, sans forcément croire qu’on peut détruire du jour au lendemain le capitalisme, même si son dépassement est souhaitable. Cette filière se propose d’envisager des alternatives dans divers domaines :

1. Le commerce mondial
À l’heure où beaucoup envisagent le recours au protectionnisme, il s’agit de réfléchir aux points suivants :
- Faut-il développer le protectionnisme à l’échelle européenne, voire française, ou bien doit-on penser que libre-échange et protectionnisme sont les deux facettes d’un même système reposant sur les lois de la concurrence ?
- Un autre commerce est possible, reposant sur la notion de coopération et sur le respect de l’environnement. Une voie a été tracée par le développement du commerce équitable, qui ne se limite pas aux relations Nord-Sud, mais aussi doit pouvoir s’étendre aux relations Sud-Sud et Nord-Nord.
- Le marché en soi est-il forcément condamnable ? Il ne faut en effet pas l’assimiler automatiquement au capitalisme et à la loi du profit.

2. La croissance
Depuis des décennies, nos économies sont obnubilées par la notion de croissance, mesurée à l’aune du PIB. Face aux crises mondiales et notamment à la crise écologique, cette obsession de la croissance doit être remise en cause. Il s’agit notamment :
- de poser le problème de la décroissance, d’évaluer sa faisabilité, ses avantages et peut-être aussi ses limites ;
- de mettre en place de nouveaux indicateurs de richesse, prenant en compte d’autres données que la seule croissance économique.

3. L’agriculture
Là encore, les problèmes environnementaux montrent qu’il est suicidaire de poursuivre dans la voie du productivisme et de l’agriculture industrielle. Le problème se pose au moins de deux manières :
- Comment satisfaire les besoins vitaux des populations sans détruire la planète ?
- Comment développer des alternatives locales permettant des circuits courts, privilégiant les petites exploitations et l’agriculture biologique, favorables à la fois aux paysans et aux consommateurs ?

I. Alternatives au libre-échange

1. Que faire du marché ?
Face à l’ampleur de la crise, il est tentant de remettre globalement en cause l’économie de marché. La main invisible du marché censée tout réguler ne nous a-t-elle pas conduits droit dans le mur ? Il y a cependant là un risque de brouillage idéologique, soigneusement entretenu d’ailleurs par les libéraux, qui assimilent économie de marché et capitalisme. Or le marché existait bien avant le capitalisme, et remplit des fonctions sociales dépassant largement le cadre historique de ce système. Sans doute a-t-il sa place dans un autre monde débarrassé de la logique du profit.
Thomas Coutrot et Jean-Marie Harribey

2. Libre-échange et protectionnisme : vrai ou faux débat ?
L’idée d’un protectionnisme européen s’est développée depuis quelques années et apparaît aux yeux de plusieurs penseurs comme une alternative indispensable au libre-échange généralisé, destructeur d’emplois et d’acquis sociaux. Reste à savoir si c’est vraiment le libre-échange qui est à l’origine de telles destructions, ou simplement la logique du système capitaliste, dont l’histoire a montré qu’il s’accommodait tout aussi bien du libre-échange que du protectionnisme. Tel est l’objet du débat entre Bernard Cassen et Michel Husson.
Bernard Cassen, Michel Husson

3. Le commerce équitable, une alternative globale
Les citoyens sont de plus convaincus des conséquences dramatiques du libre-échange. Or, le commerce équitable donne chaque jour la preuve qu’une autre économie est possible. Une économie où l’on tente de produire, de vendre et de consommer de façon juste et solidaire, en préservant l’environnement, en développant la démocratie. Une économie fondée non sur la seule soif de profits mais sur des valeurs, dans l’intérêt commun des producteurs, des consommateurs et de la planète.
Thomas Coutrot, David Erhart et Florian Rochat

II. Alternatives au productivisme

4. Décroissance ou développement qualitatif ?
Attac poursuit sa réflexion concernant la sortie du productivisme et la construction d’une société économe, préservant la qualité de l’environnement et des relations sociales. La notion de décroissance, présentée ici par Simon Charbonneau, compte de nombreux partisans au sein de notre association. Tout en combattant le productivisme et le développement prétendu durable, Jean-Marie Harribey lui oppose celle de développement qualitatif.
Simon Charbonneau et Jean-Marie Harribey

5. Pour de nouveaux indicateurs de richesse
Pour construire un monde « soutenable », la question des indicateurs ne peut être négligée : ces « instruments de bord » désignent des caps souhaitables et des écueils à éviter. Des sociétés dont les indicateurs dominants sont le PIB et sa croissance sont des « sociétés de croissance ». Des objectifs de soutenabilité sociale et écologique doivent être accompagnés d’indicateurs adéquats, démocratiquement mis au point. Il en existe déjà d’excellents, il faut en débattre et s’en emparer.
Jean-Marie Harribey

III. Alternatives agricoles

6. Revenus paysans et prix alimentaires, quelles politiques ?
L’année 2008 aura été marquée par la flambée des prix alimentaires et les « révoltes de la faim ». En 2009, les producteurs de lait sont dans la rue pour défendre leur revenu face à la chute des prix. Avec la libéralisation des marchés, les prix alimentaires font de plus en plus le yoyo. Parallèlement, les intermédiaires et les multinationales spéculent et augmentent considérablement leurs marges. Comment expliquer l’évolution des prix alimentaires ? Comment faire pour qu’à la fois les prix soient rémunérateurs pour les paysans et que chacun puisse s’offrir une alimentation de qualité ?
René Louail et Aurélie Trouvé

7. Alternatives locales : quel lien avec nos réflexions et actions globales ?
Les alternatives dans le domaine alimentaire et agricole se développent : circuits courts de distribution, associations pour aider à l’installation de paysans par l’acquisition solidaire de foncier et bâti rural, collectivités locales favorisant l’agriculture paysanne et la conversion au bio... Comment ces initiatives contribuent-elles à une prise de conscience politique plus large, à quelles contradictions sont-elles confrontées dans la durée, quels processus de récupération par les circuits commerciaux se mettent en place, en quoi annoncent-elles qu’un autre monde est possible ?
Claude Girod, Gilles Lemaire et des représentants d’initiatives locales

Bibliographie sommaire

Attac, Le développement a-t-il un avenir ? Pour une société solidaire et économe, Paris, Mille et une nuits, 2004, http://www.france.attac.org/spip.ph....
Attac (coord. J. Tosti), L’Europe à quitte ou double, Paris, Syllepse, 2009.
Attac, Via Campesina (dir. G. Chopin, A. Strickner, A. Trouvé), Souveraineté alimentaire, Que fait l’Europe, Paris, Syllepse, 2009.
Attac (dir. E. Bucolo, T. Brugvin, T. Coutrot, A. Olivier), Commerce équitable, Produire, vendre et consommer autrement, Paris, Syllepse, 2009.
Attac (dir. J.M. Harribey, D. Plihon), Sortir de la crise globale, Vers un monde solidaire et écologique, Paris, La Découverte, 2009.
B. Cassen (dir.), En finir avec l’eurolibéralisme, Paris, Mille et une nuits, 2008.
T. Coutrot, Démocratie contre capitalisme, Paris, La Dispute, 2005.
Entropia
, Revue d’étude théorique et politique de la décroissance, Parengon/Vs.
J.M. Harribey, L’économie économe, Le développement soutenable par la réduction du temps de travail, Paris, L’Harmattan, 1997.
M. Husson, Un pur capitalisme, Lausanne, Page deux, 2008.

 Filière 4 : Une société plus juste

1. Partage de la valeur ajoutée : peut-on le changer ?
Contre le consensus dominant selon lequel la part des salaires serait aujourd’hui à un niveau raisonnable, celle-ci s’établit à un niveau historiquement bas, qui recouvre en plus un creusement des inégalités. Il y a donc eu un important transfert des salaires vers les dividendes qui donne des marges de manœuvre pour une autre répartition des revenus, plus favorable aux salaires, à l’emploi et à la protection sociale.
Michel Husson

2. Plafonner les écarts de revenus
Pierre Concialdi et Florence Palpacuer

3. Paradis fiscaux
Vincent Drezet
Le scandale impliquant le Lichtenstein et, plus globalement, les paradis fiscaux et ceux qui en jouent, les suites de G 20… l’actualité récente aura au moins eu le mérite de montrer quelle était l’ampleur réelle de l’évasion fiscale internationale. La liberté de circulation des capitaux, la rapidité des échanges, la concurrence fiscale, la faible fiscalité qui est appliquée dans certains territoires, l’opacité juridique et bancaire ou bien encore les nouvelles technologies sont autant d’éléments qui constituent les principaux ingrédients de ce phénomène qui touche tous les pays et qui affecte particulièrement les budgets publics et sociaux. Alors que le G 20 s’est achevé sur la publication d’un communiqué final qui n’a pas hésité à annoncer la fin de « l’ère du secret bancaire » s’ouvre une période cruciale sur l’élaboration des mesures et la mise en œuvre des conventions fiscales internationales. Que penser de toute cette agitation et des pistes tracées par les membres du G 20 ? Quelles mesures prendre pour lutter efficacement contre les paradis fiscaux et judiciaires ? Quelles actions mener pour sensibiliser l’opinion et convaincre de l’absolue nécessité d’en finir avec ces territoires ? Telles sont les questions qui seront abordées.

4. Délinquance financière et sécurité financière
Le capitalisme financier va de pair avec la délinquance financière dont la forme la plus spectaculaire est les paradis fiscaux. Au lieu de garantir la sécurité financière et l’égalité de tous devant la justice , l’Etat dit de droit dépénalise de facto, les délits financiers. Cette politique pénale contribue non seulement à la prédation et de la spéculation, mais aussi à la profonde défiance des citoyens envers les institutions démocratiques et les valeurs de justice et d’égalité proclamées en 1789. De plus, les mesures de supervision des banques, supposées protéger les épargnants et garantir la stabilité financière, non seulement sont insuffisantes, mais poussent au crime, comme l’a montré la crise des "subprime".
Dominique Plihon et Evelyne Sire-Marin

5. Pénalisation des mouvements sociaux, dépénalisation du droit des affaires
On assiste depuis 5 ans à une dépénalisation de fait des infractions financières (abus de biens sociaux, fraudes fiscales, délits d’initiés...) pour lesquelles les poursuites pénales sont en baisse constante. Ainsi les juges d’instruction du pôle financier de Paris sont aujourd’hui 10 fois moins saisis qu’en 2006 : soit les procédures sont classées, soit elles font l’objet de transactions, comme l’affaire "executive live", impliquant en 2003 des dirigeants du Crédit Lyonnais, dont la transaction portait sur une amende de 100 milliards de francs !
On pourrait saluer cette inédite douceur de la répression pénale envers des délinquants, si les tribunaux ne faisaient pas preuve, à l’inverse, d’une grande sévérité envers les acteurs du mouvement social et syndical:soutien aux étrangers sans papier, refus de prélèvement ADN, séquestrations de cadres, mainfestations d’étudiants ou de chercheurs, fauchages d’OGM, toutes ces activités militantes ont au contraire entraîné des poursuites pénales sysématiques pour leurs auteurs.
N’est ce pas l’illustration même d’une justice à deux vitesses, et de ce que l’autorité judiciaire, loin d’être l’un des 3 pouvoirs décrits par Montesquieu, n’est parfois qu’une annexe du pouvoir exécutif.
Evelyne Sire-Marin

6. Les migrants face à la mondialisation
Les migrations internationales jouent un rôle clé dans l’insertion des pays du Sud dans la mondialisation. Paradoxalement et contrairement à une idée communément admise à droite comme à gauche, les pays industrialisés et la France singulièrement ne reçoit pas « la misère du monde ». Les pays les plus pauvres ont des taux d’expatriation très faibles car les coûts d’émigration sont pour eux quais prohibitifs ce qui n’est pas le cas des pays à revenu intermédiaire. En revanche, leurs taux d’expatriation des qualifiés sont les plus élevés et atteignent parfois 70 % pour certaines professions. Ils subissent de plein fouet la fuite des cerveaux. Ces pays marginalisés dans la mondialisation dépendent parfois des transferts de fonds des émigrés qui permettent souvent de réduire la pauvreté transitoire et de scolariser les enfants. Les politiques des pays du Nord, en France et en Europe en particulier, sont particulièrement perverses : d’un côté des politiques sélectives qui aggravent la fuite des cerveaux pour les pays de départ et de l’autre côté des politiques très restrictives sur les travailleurs moins qualifiés ce qui a pour conséquence la réduction des transferts de fonds et la dégradation des conditions de vie dans les pays de départ et contribue à relancer les migrations « désepérées ». Continuer à penser que les politiques dits de co développement réduiront les migrations est non seulement une illusion mais surtout inefficace compte tenu des besoins des pays du Nord. C’est ainsi que le Pacte européen sur l’immigration ne se réduit qu’à la communautarisation au niveau européen des aspects les plus répressifs en maintenant des politiques divergentes d’immigration dans les pays de l’Union.

L’exposé développera le diagnostic des migrations dans la mondialisation, leurs effets sur les pays d’accueil et mettra en relief les contradictions des politiques d’immigration en Europe, pour avancer des éléments de proposition alternatives.
Mouhoub El Mouhoud et Gus Massiah

7. Pour un autre droit du travail
Que ce soit en France ou dans l’Union européenne, le droit du travail est malmené au nom de la compétitivité et d’une prétendue « modernité » faite de flexibilité et de remise en cause des acquis sociaux. Le nouveau code du travail français en est un des exemples les plus frappants. Il est hors de question de se résigner et de sombrer dans le fatalisme. Bien au contraire, il faut inverser cette tendance, et faire en sorte que les besoins humains l’emportent sur ceux de la productivité.
Gérard Filoche

Bibliographie
- Attac, En finir avec la criminalité économique et financière, Paris, Mille et une nuits, 2002.
- Attac, Les paradis fiscaux, Paris, Mille et une nuits, 2000.
- Attac, Pauvreté et inégalités, ces créatures du néolibéralisme, Paris, Mille et une nuits, 2006.
- C. Chavagneux, R. Palan, Les paradis fiscaux, Paris, La découverte, 2007.
- P. Concialdi, Non à la précarité, Paris, Mango, 2007.
- M. El Mouhoud (dir.), Les nouvelles migrations, un enjeu Nord-Sud dans la mondialisation, Paris, Universalis, 2006.
- G. Filoche, La vie, la santé, l’amour sont précaires. Pourquoi le travail ne le serait-il pas ?, Paris, Jean-Claude Gawsevitch, 2008.
- Fondation Copernic, Pour en finir avec la précarité, Paris, Syllepse, 2008.
- Fondation Copernic, L’indigent et le délinquant, Paris, Syllepse, 2008.
- M. Husson Travail flexible, salariés jetables, Paris, La découverte, 2006.
- SNUI, Quelle Europe fiscale ? (Fiscalité et justice sociale), Paris, Syllepse, 2008.

 Filière 5 : Mouvements sociaux

1. La crise de l’université
L’université et la recherche ont connu en France un mouvement sans précédent aussi bien par son caractère massif, sa forme et sa durée. Comment comprendre ce mouvement ? Quels en sont les enjeux pour l’université elle-même et au delà de l’université ? C’est en effet toute la question du savoir, de sa construction, de sa transmission et de son appropriation, question politique et démocratique essentielle, qui se trouve posée à travers cette crise, aux dimensions européennes. Après un retour sur le processus de Bologne, la stratégie de Lisbonne et la mise en avant d’une “économie de la connaissance”, l’atelier portera sur les perspectives pour ce mouvement et les perspectives pour l’université, avec le débat autour du “Manifeste pour refonder l’université française” (http://petitions.alter.eu.org/refonder) , dont Alain Caillé a été un des initiateurs.
Geneviève Azam et Alain Caillé

2. La santé
André Grimaldi

3. La justice
Lors d’un sondage réalisé après l’affaire d’Outreau, 71% des personnes interrogées disaientt qu’elles pensaient que l’ensemble du système judiciaire était en cause dans cette terrible affaire. Malgré les 19 lois votées depuis 8 ans en matière pénale, quel est l’état réel de l’institution judiciaire ? Suppression de tribunaux (avec la modification de la carte judiciaire), suppression envisagée du juge d’instruction, atteintes répétées du pouvoir politique à l’indépendance des magistrats, budgets misérables des juridictions, avocats révoltés par l’état des prisons et les procédures anti-terroristes, où en est -on aujourd’hui ? Pourra-t-on relever la maison Justice de sa ruine ?
Antoine Comte et Evelyne Sire-Marin

4. Emploi et délocalisations
Les délocalisations industrielles et de services à la recherche de faibles coûts salariaux posent des problèmes pour l’emploi car leurs effets sont localisés dans certaines zones spécialisées dans les activités sensibles à la concurrence des pays à bas salaires et dans lesquelles la part des travailleurs peu qualifiés est importante. Mais une typologie des délocalisations permets de savoir celles qui ont vraiment des effets négatifs, en particulier les délocalisations de pure marge qui se traduisent pas le fait que les entreprises ne répercutent pas les faibles couts des pays de délocalisation sur leurs prix de vente. Les pouvoirs publics et les collectivités locales se trompent depuis longtemps en concentrant les aides financières sur les entreprises plutôt que sur les personnes et les institutions des territoires. Parallèlement les relocalisations industrielles qui se développent constituent elles une solution d’avenir et comment peut on les encourager ?
Mouhoub El Mouhoud

5. La précarité
Chômage et précarité qui étaient déjà élevés explosent avec la crise financière et l’accumulation des licenciements. Or le gouvernement n’a pas pris de mesure à la hauteur du problème, ni en matière de création d’emplois, ni en matière de protection contre le chômage et d’indemnisation. La situation des jeunes notamment est dramatique. Ce n’est pas le RSA, placebo et adjuvent de la précarité, qui répondra au problème. Dès lors, c’est au mouvement social d’organiser la riposte pour exiger des créations d’emplois et une garantie de revenu décent pour tou-te-s, avec ou sans emploi.
C’est dans ce but que les Etats Généraux du Chômage et de la Précarité organisés en mai par le Collectif Droits Nouveaux (qui regroupe une quinzaine d’organisations, associations de chômeurs, de précaires, d’intermittents, de femmes, Solidaires, le SNU-Pôle Emploi, ATTAC, Copernic, les Marches Européennes…) appellent à l’organisation, entre le 20 novembre et le 5 décembre, de Marches régionales contre le chômage, les licenciements et les précarités partout en France, réunissant chômeurs, précaires, salariés en lutte, mal logés et sans papiers.
Laurent Delavigne et Evelyne Perrin

 Filière 6 : Urgence climatique-Justice sociale-Copenhague 2009

La crise écologique et tout particulièrement la crise climatique se trouvent au cœur de la crise globale actuelle. L’urgence climatique est aujourd’hui largement reconnue, et ceci d’autant plus que, dans le cadre des politiques libérales, elle apparaît comme une nouvelle opportunité économique et financière dans le cadre d’une croissance « verte » et de la finance carbone.
Elle est une occasion d’accélérer encore la marchandisation les biens communs, de la terre et des forêts en particulier, dont les « services » sont sollicités pour alimenter le marché du carbone. Elle est également un terrain de poursuite de la « gouvernance » néolibérale, avec la mise en avant de la Banque Mondiale, du G8 ou du G20 et la poursuite de la marginalisation de l’ONU. Ces politiques, dont l’inefficacité même pour la réduction des émissions des gaz à effet de serre est déjà évidente, sacrifient les exigences de solidarité et de justice sociale pour relever les défis de la crise climatique.
Résoudre la crise écologique implique en effet des choix de société fondamentaux qui engagent des transformations radicales des modèles de production et de consommation dominants. Elles supposent de nouveaux rapports de coopération entre les sociétés du Nord et celles du Sud, avec notamment la reconnaissance de la dette écologique et du climat comme bien public mondial. Elle exige une redéfinition de la richesse, la lutte contre les inégalités dans sa répartition et dans l’accès aux biens fondamentaux.
La conférence de l’ONU à Copenhague en décembre 2009, qui doit redéfinir un nouveau protocole international pour l’après-Kyoto, doit être un moment essentiel pour faire entendre les revendications pour la justice climatique et les alternatives à la régulation marchande du climat.

1. André Gorz : écologie et postcapitalisme
Comment la critique du capitalisme conduit-elle à l’écologie politique et comment cette dernière permet-elle d’approfondir et radicaliser cette critique ? André Gorz, en liant la domination et l’exploitation dans le travail à la domination par le système des besoins, a formulé une critique du productivisme et du consumérisme en l’articulant à celle du capitalisme. La pensée d’A. Gorz a suscité et suscite nombre de débats, qui prennent toute leur dimension dans le contexte de la crise globale que nous vivons.
Geneviève Azam et Jean-Marie Harribey

2. La finance carbone : solution ou obstacle ? Quelles taxes globales ? La crise climatique exige des réductions rapides et importantes des émissions de gaz à effet de serre, en particulier pour les pays riches. L’application du protocole de Kyoto s’est traduite par le développement de la finance carbone comme outil privilégié de régulation climatique. Malgré les échecs avérés du marché du carbone, son extension est au centre de la négociation pour l’après-Kyoto, à Copenhague en décembre 2009. Comprendre ces mécanismes est un impératif pour les mouvements citoyens car ils engagent des choix de société et la possibilité même de parvenir à un accord à Copenhague à la hauteur des enjeux écologiques et sociaux. Quelles alternatives proposons-nous ?
Geneviève Azam et Jacques Cossart

3. Les enjeux de la conférence de l’ONU à Copenhague en 2009 : crise climatique et choix de société
La conférence de l’ONU sur le climat à Copenhague en décembre 2009 revêt une importance sans précédent dans l’histoire humaine. Les pays du Sud seront engagés dans le nouveau protocole et les décisions prises impliqueront des modèles de sociétés -au Nord et au Sud- déterminant les conditions de vie des populations, à commencer par celles des plus pauvres et des plus précaires. Le risque est grand de nous voir imposer un choix biaisé, entre le maintien du modèle productiviste antérieur basé sur le gaspillage des ressources en énergie fossile et le développement d’un capitalisme vert. La sauvegarde des écosystèmes ne saurait se résoudre sans l’implication des populations concernées qui doivent pouvoir déterminer les modèles énergétiques et les choix de société leur assurant le contrôle de leurs ressources et de leur avenir. Comprendre les enjeux de Copenhague dans le contexte de crise globale et participer à la mobilisation en cours du mouvement altermondialiste, tel est l’objectif de cet atelier. Pour faire de Copenhague un "Seattle du climat" et exiger un accord à la hauteur des enjeux écologiques, sociaux et politiques.
Christophe Aguiton, Geneviève Azam

4. Comment lutter concrètement au Nord et au Sud contre le changement climatique ?
- N’oublions pas le méthane !
1-Dans la négociation internationale les autres gaz à effet de serre que le CO2 sont systématiquement négligés. C’est en particulier le cas du méthane, le second gaz à effet de serre en importance. C’est d’autant plus regrettable qu’à court et moyen terme (2030-2050) son influence sur le réchauffement climatique est nettement plus important (d’un facteur 3 au moins) que celui généralement pris en compte (son effet à 100 ans). Les efforts de réduction des émissions du méthane (qui proviennent pour partie du système énergétique fossile, pour partie, des ordures ménagères et enfin de l’agriculture et de l’élevage) ne supposent pas d’investissements majeurs et sont accessibles notamment aux pays en développement, à partir de projets décentralisés et peu coûteux.
Benjamin Dessus
- Villes en transition vers des stratégies de sobriété énergétique : l’expérience britannique
2- Villes en transition. Le « mouvement pour la transition » est né en Angleterre en 2005. Son but : créer des groupes locaux pour imaginer ce que la transition vers une société post-carbone signifie à l’échelle de leur commune, et ce qu’ils peuvent faire pour y contribuer, collectivement et localement. À terme, les groupes locaux doivent rédiger leur plan local de descente énergétique et trouver les moyens de le mettre en œuvre. Une expérience de sobriété énergétique organisée au niveau communal, qui s’attaque à la fois au réchauffement climatique et au déclin des énergies fossiles.
Luc Sémal, Mathilde Szuba

5. Enjeu des politiques énergétiques face au changement climatique dans le contexte de crise globale
L’atelier concerne plus spécifiquement le secteur de l’électricité et les sources d’énergie qui lui sont liées, secteur qui à l’échelle mondiale est responsable d’environ 40% des émissions de CO2.

Les plans de relance économique décidés en Chine, Europe, Amérique du Nord s’inscrivent dans une perspective capitaliste productiviste. Malgré l’intégration des énergies renouvelables (EnR), les perspectives restent celles d’une production massive et centralisée d’électricité. Dans un tel contexte, la contribution des filières de production charbon et gaz demeurera prépondérante, avec, à la clé, une contribution mondiale importante d’émission de CO2, soulevant les questions des marchés des permis d’émissions et de la séquestration du CO2.
Les EnR trouveront leur place, non négligeable, du fait des soutiens publics, comme source de profits pour les constructeurs... Sous couvert de réduction d’émissions de CO2, les grandes compagnies d’électricité US, chinoises et européennes vont tenter de pérenniser, voire développer, l’électronucléaire, dont elles jugent le coût de production suffisamment profitable sur le long terme.
De telles perspectives de production d’électricité, à l’échelle de plusieurs décennies, de la part des compagnies d’électricité et des gouvernements actuels, soulèvent à l’évidence de sérieuses questions géopolitiques !
Christiane Marty, Pierre Masniere

6. Les inégalités sociales et de genre face au changement climatique
La dégradation de la planète et le changement climatique ont des conséquences qui pèsent inégalement sur les populations et les personnes selon leur position dans la société, leur mode de vie ou du fait d’un accès déjà inégal aux biens fondamentaux. Les plus vulnérables sont les pauvres, les femmes, les populations indigènes. Toute politique visant à préserver la planète ne peut être efficace qu’avec la pleine participation et le consentement et de ces populations, et en visant la résorption des inégalités. L’objectif de justice sociale et d’égalité de genre est un impératif éthique, mais c’est aussi le moyen de financer la lutte contre le changement climatique : le financement ne peut provenir que d’une autre répartition des richesses.
Christiane Marty

Bibliographie sommaire

- Brochure Attac, “Pour une justice climatique, libérons le climat des marchés financiers”, 2009.
- Site de la conférence climat : http://unfccc.int/portal_francophon...;; site du PNUE : www.unep.org/french/, site de l’ADEME : www.ademe.fr, site du GIEC : www.ipcc.ch/languages/french.htm
- André Gorz, 2008, Ecologica, Editions Galilée.
- L. Semal, « Rob Hopkins, 2008, The Transition Handbook. From Oil Dependency to Local Resilience, Green books », résumé et argumentaire : Développement durable et territoires, 2008
- L. Semal et M. Szuba, « Villes vers la sobriété. Les cousins britanniques des objecteurs de croissance », dossier pour la revue Silence n°365, 2009
- Women and the environment, Rapport UNEP (Programme des Nations Unies pour l’environnement)téléchargeable sur : http://www.unep.org/Documents.Multi...
- Energies de ton siècle P. Radanne, Editions Lignes de repères, 2005
- Ce nucléaire qu’on nous cache M. Rivasi, H. Crié , Albin Michel, 1998
- So Watt ? B. Dessus, H. Gassin Editions de l’Aube, 2004

 Filière 7 : Relations internationales

Cette filière sera dédiée à la mémoire d’un de ses animateurs, Nuri Albala, décédé le 24 mai 2009. L’atelier sur le droit international qu’il devait animer et en coordonner les intervention lui portera hommage et considération.

La filière traitant de la problématique des relations internationales, organisée sous le vocable d’ « enjeux internationaux », fut présente lors de l’Université d’été 2008 avec trois sous filières et neuf ateliers consacrés respectivement à i) l’ONU et l’OTAN, ii) l’Amérique Latine et iii) les questions de migrations et d’immigration. La crise systémique mondiale qui ébranle le monde justifie largement le besoin de poursuite et d’approfondissement des analyses et propositions pour peser dans les débats sur les fondements de la conception et sur les modalités de la construction d’un autre monde plus paisible, plus juste, plus durable. L’université 2009 proposera sept ateliers avec un premier volet qui traitera de la multitude d’interrogations sur les dysfonctionnements des relations multilatérales, intergouvernementales, inter-opérateurs, inter-associatives, éclatées entre de multiples directoires plus ou moins formels, plus ou moins légitimes ; une attention particulière sera consacrée au droit international et aux conditions démocratiques de son élaboration et de son application dans un monde aux rapports de force fortement déséquilibrés ; cet atelier rendra compte des riches débats menés par le Groupe de rédaction d’un ouvrage sur une autre ONU pour un autre monde (titre provisoire). Le deuxième volet traitera cette année de questions spécifiques à l’Afrique dans sa relation particulièrement défavorable face notamment à l’Europe et à la France. Le troisième volet traitera de l’espoir que font naitre les mouvements sociaux, portés par les Fora sociaux, avec des expériences de résistance, de combat et parfois de victoires comme celles remportées en Amérique latine et ailleurs.

1. L’ONU et les institutions financières internationales (ONU/FMI, BM, OMC)
Cet atelier reprendra les débats menés au sein du Groupe ATTAC-ONU sur le dysfonctionnement des institutions onusiennes et quasi-onusiennes, lieux d’expression d’un multilatéralisme inadapté aux contexte mondial actuel. L’insuffisance des budgets de fonctionnement de l’ONU l’oblige à recourir à des financement par le biais du partenariat public – privé, avec une main mise des multinationales sur la haute direction mais aussi sur le terrain.
Nils Andersson, Djilali Benamrane et autres intervenants

2. L’ONU face aux organes intergouvernementaux et aux groupes de pression (G7, 8, 20, OCDE, OTAN, Davos, Directoires comme la Société du Mont Pélerin ...)
En marge du système onusien et des organisations mondiales quasi-onusiennes comme le FMI, la Banque Mondiale et l’OMC, fonctionnent des « Directoires » officiels intergouvernementaux comme l’OTAN, l’OCDE et les G20, G8, G7, G2, etc...mais aussi des Directoires plus ou moins ouverts comme le Club Davos, plus ou moins confidentiels comme la Société du Mont pèlerin ou le Club Bildenberg. En définitive, se sont ces Directoires qui dirigent le monde, sans aucune légitimité démocratique.
Nils Andersson et Thierry Brugvin et autres

3. Etat des négociations à l’OMC l’implication du G20 pour accélérer et faire aboutir le processus
Avec la crise systémique qui sévit protectionnisme et libre-échangisme nourrissent les débats sur les les causes de cette situation et les pistes de sortie de crise. Si elle est née au cœur du libéralisme avec une généralisation aux économies des pays riches développés, elle n’épargne pas les pays pauvres et dépendants. Les négociations en cours sous l’égide de l’OMC pour poursuivre les politiques de dérégulation financière et le libéralisation des échanges commerciaux entendent poursuivre et aggraver les pratiques d’échanges inégaux, sous les pressions des organisations intergouvernementales comme le G20, OCDE, UE et autres Directoires qui gouvernent le monde.
Susan George et Frédéric Viale

4. L’ONU et la justice internationale
Atelier en hommage à Nuri Albala
La justice internationale connaît une évolution lente et est peu efficace pour réparer les dommages causés aux peuples. Des tribunaux de guerre, en passant par la Cour internationale de justice (CIJ) à la Cour pénale internationale (CPI), aujourd’hui de nombreux instruments, relevant du droit international et des droits nationaux, permettent, dans certaines circonstances et conditions « politique », de rendre justice aux peuples. Les raisons principales de cet état de fait en sont le système juridique international inégalitaire et la place prépondérante des Etats, notamment ceux des pays les plus puissants et dominateurs. Néanmoins, avec de nouvelles institutions judiciaires internationales, l’initiative de juges nationaux et avocats courageux, de concepts et doctrines juridiques progressistes, tel que le principe dit de « compétence universelle », d’ONG, de tribunaux d’opinion et des peuples… une justice internationale des et pour les peuples n’est pas complètement hors de portée.
Adda Bekkouche, Robert Charvin, Mireille Mendès France, et Evelyne Sire-Marin

5. Afrique et Franc CFA : obstacle à l’émergence d’une monnaie africaine ?
Des pays africains ont accédé à leur indépendance nationale tout en abdiquant leur souveraineté en des domaines aussi vitaux que la défense nationale ou la monnaie. 14 Pays d’Afrique occidentale et centrale, et les Comores, ont ainsi abdiqué de leur souveraineté monétaire pour la confier à l’ex-puissance coloniale. Depuis que la France a opté pour faire partie de la zone Euro, le FCFA de ces pays sans souveraineté monétaire est indexé à l’Euro via un pilotage par les autorités monétaires françaises. Quels sont les impacts de ces choix stratégiques, voulus ou imposés lors des processus de décolonisation, sur les velléités de construction d’une unité politique, économique et ou monétaire des pays du Continent africain.
Djilali Benamrane, Amadou Diarra et autres intervenants

6. La Françafrique
Dans le cadre de cet atelier la question est d’examiner comment les forces économiques influent-t-elles sur les décisions des pouvoirs publics, via les mécanismes de la gouvernance globale illégale et non-démocratique ? Le procès de l’Angolagate est le dernier exemple en date de la Françafrique, c’est à dire du pouvoir inégal, non démocratique et illégal, exercé par nos élites en Afrique. L’Angolagate est le plus gros scandale de trafic d’armes de la fin du XXe siècle, sur fonds d’enjeux pétroliers. La collusion entre ces élites économiques et politiques vise servir leurs intérêts au détriment des peuples qui vivent des situations de pauvreté et de misère insoupçonnées.
Thierry Brugvin et Amadou Diarra et autres intervenants

7. Les mouvements sociaux en Amérique latine
Les mouvement sociaux se développent avec un dynamisme remarquable dans la plupart des pays d’Amérique latine comme l’attestent les rencontres des mouvements sociaux (forums sociaux mondiaux, régionaux et ou nationaux) dans cette région du monde. L’université d’été constitue un moment privilégié pour s’informer sur les mécanismes qui favorisent pareil contexte et les conditions d’extension de ces phénomènes à d’autres région.
Janette Habel, Eric Toussaint et Christophe Ventura

8. La dynamique du FSM
Le processus des FSM ne résume pas le mouvement altermondialiste même s’il en est une des formes les plus spécifiques et les plus innovantes. Quels sont les intérêts et les limites des FSM comme espace de mobilisation, d’élaboration, de propositions, de définition et de mise en oeuvre des alternatives. Quels sont les question débattues dans le mouvement et les FSM, notamment, le rapport entre les mouvements et le politique, le rapport au pouvoir et aux Etats, les formes d’organisation et les cultures politiques. Quels sont les enjeux actuels des mouvements et des FSM dans la période de crise et de guerre.
Gustave Massiah, Alessia Magliacane et Francesco Rubino

Bibliographie
- Samir Amin, Robert Charvin, Jean Ziegler, Anne-Cécile Robert et al.,ONU droits pour tous ou loi du plus fort ? Regards militants sur les Nations unies (Nuri Albala, Nils Andersson, Gustave Massiah, …) CETIM, Genève, 2005
- ATTAC, Le G8 illégitime, Mille et une nuits, 2006
- ATTAC, L’empire de la guerre permanente, Etats-Unis et mondialisation, Mille et une Nuits, 2004
- Justice internationale et impunité, le cas des Etats-Unis (Nuri Albala, Nils Andersson…) L’Harmattan, 2007
- Robert Charvin, Droit de la protection sociale, L’Harmattan, 2007.

 Filière 8 : Sciences et démocratie

Aujourd’hui, de nombreuses innovations vont se fondre dans notre quotidien ou notre corps et refaçonnent notre univers technique, social et éthique, mais ces bouleversements se font dans deux directions opposées selon que l’on choisit d’en encourager l’appropriation privée ou d’en faire des biens communs. Des domaines tels que les nanotechnologies, la biologie synthétique entre autres ouvrent grand l’univers des possibles, mais en suscitant de nombreuses interrogations....notamment sur la santé des citoyens.
D’autre part une grande confusion existe entre les mots Sciences, Technos-Sciences, Technos-Marché. Il paraît nécessaire de clarifier celle ci. Enfin sommes nous désarmés face à notre incapacité collective à faire des choix d’une ampleur historique et à les appliquer ? Comment mobiliser l’intelligence collective des hommes face à ces défis majeurs ? Aujourd’hui il est devenu primordial de proposer une nouvelle gouvernance afin d’associer l’ensemble des acteurs de la société : chercheurs, industriels, politiques et citoyens

1. Les citoyens face aux nanotechnologies
Bernard Kervella et Jean Claude Salomon

2. Toxicologie et santé vis à vis des Nanos
Dominique Belpomme

Par nanotechnologies on entend la capacité de manipuler la matière à l’échelle atomique, afin d’obtenir des propriétés et/ ou des fonctionnalités nouvelles spécifiques de la dimension nanométrique. À cette échelle, la matière a des propriétés particulières qui n’existent pas au niveau macroscopique et que l’on cherche à exploiter de façon industrielle. Des centaines de produits de grande consommation sont d’ores et déjà issus de ces nouveaux procédés. Les développements industriels rapides de ces nano-produits suscitent de multiples interrogations quant à leurs enjeux sanitaires, environnementaux et sociaux. Les motifs d’inquiétude ne manquent pas, principalement d’ordres toxicologique et éthique. Mais dans l’ensemble, il existe de nombreuses incertitudes relatives à la gravité des dangers et à l’ampleur des risques qui pourraient leur être imputées

3. La biologie synthétique
Quand des biologistes rompus à l’étude du vivant à l’échelle moléculaire entrent dans le monde des ingénieurs et des informaticiens ….tout ou presque devient possible. Après le déchiffrage du code génétique (information qui « programme » les organismes vivants) et l’intervention pour modifier les gènes (bactéries ou plantes transgéniques (OGM)) on en vient aujourd’hui à construire de toutes pièces des organismes vivants : Organismes génétiquement fabriqués(OGF). Les projets foisonnent... Dans un esprit plutôt ludique. Mais se posent des questions de sécurité (contamination, bio hackers, bioterrorisme), de régulation et de montage économique (brevets, business model...). Avec le vivant artificiel, la société est confrontée aux responsabilités de contrôle et à l’explicitation des possibles et des finalités.
Dorothée Benoît-Browaeys

4. La gouvernance des nouvelles technologies
« on n’arrête pas le progrès » cet argument brandi pour légitimer toute innovation qui arrive sur le marché serait-il devenu obsolète ? La mise en débat public des technologies a commencé dans des situations de crise ou de conflit : au sujet du nucléaire (après Tchernobyl), de l’épidémie de « vache folle » (l’encéphalopathie spongiforme bovine), de la culture des OGM. Très timidement et graduellement, les questions de choix technologiques et scientifiques entrent dans la sphère du politique et dans l’arène publique. Mais par delà l’acceptation sociale, peut-on vraiment gouverner les techno sciences quand tout suggère que nous sommes plutôt gouvernés par elles ? La gouvernance des techno sciences n’est-elle pas aussi utopique que le projet même de refaçonner le monde qui anime les techno sciences ?
Bernadette Bensaude-Vincent et Jean Paul Malrieu

5. Science, Technologies, Marché
La vision technoscientifique de la recherche conduisant à la primauté du marché est indissociable du modèle libéral de développement. Elle est d’une certaine efficacité à court terme (compétitivité, propriété intellectuelle). Cependant des conséquences graves sont prévisibles :
1 - stérilisation du potentiel de recherche par renouvellement insuffisant des connaissances fondamentales, absence de nouveaux concepts, d’où un épuisement à terme de la techno science elle-même.
2 - dérives possibles de l’appareil techno scientifique vers des propositions contraires à l’intérêt des populations ou à l’éthique. D’où la nécessité de mettre la techno science en démocratie
De plus la recherche d’efficacité à court terme stimule aussi l’hyperspécialisation et obère la capacité des chercheurs à se situer dans la complexité, dans la transversalité et à penser l’unité du savoir.
Daniel Hofnung et Bernard Kervella

6. Santé et Environnement : le défi des épidémies modernes
La question de la relation entre Environnement et Santé suscite une interrogation croissante dans l’opinion, en raison de l’augmentation régulière des maladies chroniques comme cancer, atteintes de la reproduction, diabète etc.... Les connaissances scientifiques mettent de plus en plus en évidence le poids des facteurs environnementaux dans ces maladies. Malgré cela, ces questions sont encore souvent considérées comme marginales. Le Réseau Environnement Santé s’est créé pour changer ce point de vue et mettre les questions de santé et d’environnement au cœur des politiques de santé et d’environnement. Au cœur de cette problématique se pose la question de l’expertise et de son indépendance par rapport aux intérêts économiques. Illustration : le cas du bisphénol A.
André Cicolella

Pour en savoir plus :
Projection du CD : Le silence des Nanos : Samedi Soir
+ Débat animé par le réalisateur et Bernard Kervella

Les Nanotechnologies, Dominique Vinck, Editions Le Cavalier Bleu
Le meilleur des nanomondes, Dorothée Benoît-Browaeys, Editeur Buchet-Chastel
4 pages d’Attac, Les citoyens face aux nanotechnologies
La revue Alliage N° 62 Avril 2008
Les vertiges de la technoscience, Bernadette Bensaude-Vincent, Editeur La Découverte
Re(penser) la technique, Andreew Feenberg, Editions la Découverte
Economie de l’immatériel et physico-pouvoir, Bernard Stiegler, Editeur Mille et une Nuits
Le défi des épidémies modernes, André Cicollela, .Editions La Découverte 2007.
Alertes santé, André Cicolella et Dorothée Benoit Browaeys, Fayard, 2005 .
Contact : Bernard Kervella, bkervella orange.fr ,

 Filière 9 : Emancipation

L’altermondialisme ne dispose pas aujourd’hui d’un projet d’émancipation qui lui soit propre. Par "projet d’émancipation" , on entend ici un processus par lequel des femmes et des hommes réunis contestent les dominations qu’ils subissent ou exercent, définissent ensemble le genre de société dans lequel ils ont envie de vivre, et tentent de le faire advenir.

Aujourd’hui le mouvement altermondialiste se retrouve autour de quelques grands principes – le refus de la marchandisation de l’homme et de la nature, l’exigence de l’accès généralisé aux droits démocratiques, écologiques et sociaux, la démocratie comme moyen et comme finalité, la prise en compte de la finitude de notre monde. Mais ces principes ne sont pas suffisants pour former un projet d’émancipation car ils n’ont pas (encore) débouché sur une représentation du type de société alternative compatible avec une « vie bonne » (ou en tout cas durablement meilleure) pour tous. De plus, l’élucidation des fondements philosophiques d’un tel projet reste, pour une part, à construire.

S’il y a dans Attac un large accord sur la dynamique mortifère du capitalisme néolibéral et son incompatibilité avec ces principes, il manque (au moins) une analyse des rapports entre les forces sociales (capital, Etat) qui organisent cette mondialisation et celles (groupes sociaux dominés, mouvements sociaux) qui y sont confrontés ; une compréhension des ressorts de ces mouvements et de leur articulation ; une vision des terrains et des stratégies de lutte permettant de progresser vers un tel type de société.

Un projet d’émancipation, il est facile de dire ce que cela ne peut pas être – ni une déclaration d’intentions ou de principes, ni un « mot-obus », ni un programme prêt-à-porter, ni un plan de société pacifiée. Il est plus difficile de dire ce que ça pourrait être : probablement, entre autres, une source de renouvellement de l’imaginaire de la transformation sociale, aujourd’hui bien démuni du fait du discrédit des projets antérieurs. Mais il n’est pas obligatoire de répondre a priori à cette question pour commencer à travailler, même si un projet d’émancipation ne peut être, dans une large mesure, que créé par celles et ceux qui sont engagés dans ce processus.

Le Conseil scientifique d’Attac a initié en 2008 un séminaire trimestriel, dans une visée de moyen terme, autour d’auteurs et / ou de thèmes prioritaires, pour dégager les points de consensus, les lignes de fracture, les chemins à explorer. La filière "Emancipation" de l’université citoyenne d’Attac vise à prolonger et élargir ce débat.

1. Histoire des mouvements d’émancipation
Pour travailler à la reformulation d’un projet d’émancipation altermondialiste, il est indispensable de comprendre les échecs des deux projets d’émancipation de la première modernité – le libéralisme des Lumières, le socialisme -, notamment en analysant leur difficulté à intégrer la nécessité de lutter simultanément contre les diverses formes de domination (capitaliste, étatique, patriarcale, raciste, productiviste...).
Daniel Bensaïd, Christiane Marty, Jean-Louis Sagot-Duvauroux

2. Grands auteurs : confrontation Weil/Arendt
Hannah Arendt et Simone Weil sont souvent lues à l’ombre de leurs maîtres respectifs, Heidegger et Alain. Comment s’en sont-elles "émancipées" pour construire une oeuvre autonome, trop souvent référée à leurs maîtres respectifs. Elles multiplient en effet les handicaps : Intellectuelles et pire:philosophes, femmes et pire : juives ! Comment, à partir de cette situation qui leur est commune, ont-elles affronté les "sombres temps" qui furent les leurs ? Comment pensent-elles l’émancipation face à l’oppression, à la guerre, au pouvoir, au savoir ? Doit-on les opposer ou peuvent-elles se compléter ? Une confrontation peut s’avérer fructueuse si l’on sait y puiser des analyses précieuses pour comprendre notre propre désarroi.
Geneviève Azam, Françoise Vallon

3. Grands auteurs : confrontation Rancière/Debord
Comment penser l’émancipation dans une société marchande où dominerait la logique du spectacle, selon l’approche situationniste de Guy Debord dans La société du spectacle (1967) ? Cela ne conduit-il pas à réexaminer de manière critique les analyses de Debord, comme nous y invitent tant le philosophe Jacques Rancière dans son récent livre Le spectateur émancipé (2008) que les études de réception des médias dans les sciences sociales ? Ces questionnements passeront aussi par certains post-situationnismes actuels (L’insurrection qui vient, le collectif californien RETORT et Anselm Jappe).
Philippe Corcuff

4. Émancipation individuelle, émancipation collective
Face à l’individualisme marchand promu par le capitalisme, il est possible de retrouver les chemins de l’association entre émancipation individuelle et émancipation collective. Cela suppose de ne pas laisser le monopole de l’individualité au néolibéralisme, ainsi que de repenser les rapports entre l’individuel et le collectif (en s’aidant notamment de Marx, Elias et Bourdieu). C’est la perspective qui guide les travaux du groupe « Individualisme contemporain » du Conseil Scientifique d’Attac
Claude Calame, Philippe Corcuff, Fanny Gallot, Véronique Gendner

5. Emanciper l’économie ou s’émanciper de l’économie ?
Certains courants de pensée critique estiment qu’il faut « sortir de l’économie » pour envisager un monde plus humain. D’autres estiment au contraire qu’il faut viser à affranchir l’économie de la domination du capital et de la marchandise. Est-il possible d’assujetir l’économie à la règle de la démocratie ? Faut-il une relocalisation généralisée de la production, ou bien un commerce équitable est-il possible ?
Daniel Hofnung, Florian Rochat

6. Démocratisation et émancipation autour des "12 thèses" du groupe démocratie
L’altermondialisme est un combat pour le droit aux biens communs. La démocratie, et donc la politique, est l’un de ces droits, peut-être le premier d’entre eux. Nos démocraties dites "libérales" tendent à restreindre la décision politique à quelques-uns, élus ou experts. Le groupe de travail "démocratie" d’Attac a élaboré un texte (« Démocratie et transformation sociale : douze thèses pour le débat d’Attac ») que cet atelier propose de mettre en débat.
Patrick Braibant, Thomas Coutrot, Pierre Ruscassie

7. Mouvements sociaux du numérique et utopie d’émancipation
Le mouvement du logiciel libre a fait la révolution sans prendre le pouvoir : il a su créer et préserver un « bien public mondial » de première importance, Internet. Il nous montre comment il est possible ici et maintenant de construire un monde dans lequel nous ayions envie de vivre.
Christophe Aguiton, Jérôme Gleizes

8. Emancipation, réforme, révolution
L’émancipation suppose d’affronter les pouvoirs politiques, les puissances économiques, les dominations identitaires qui lui font barrage. Peut-on imaginer dépasser le capitalisme par une extension graduelle du contrôle social de l’économie et de l’Etat, et par l’établissement progressif d’une économie solidaire ? Ou bien une crise révolutionnaire est-elle inévitable, pour vaincre la résistance des privilégiés ? Comment éviter alors que la violence ne détruise la possibilité même de l’émancipation ?
Daniel Bensaïd, Thomas Coutrot, Gus Massiah

Bibliographie

- G. Agamben, A. Badiou, D. Bensaïd, W. Brown, J.L. Nancy, J. Rancière, K. Ross et S. Zizek : Démocratie, dans quel état ?, éditions La Fabrique
- Daniel Bensaïd (livre collectif sous la direction de) : Politiquement incorrect. Entretiens du XXIe siècle [entretiens de C. Aguiton, A. Badiou, E. Balibar, J. Butler, A. Coupé, J. Rancière, etc.], éditions Textuel
- Claude Calame (livre collectif sous la direction de) : Identités de l’individu contemporain, éditions Textuel
- Comité invisible : L’insurrection qui vient, éditions La Fabrique
- Philippe Corcuff : Bourdieu autrement, éditions Textuel
- Philippe Corcuff, Jacques Ion et François de Singly : Politiques de l’individualisme, éditions Textuel
- Guy Debord : La société de spectacle, Le Livre de Poche
- Philippe Corcuff et Alain Maillard (livre collectif sous la direction de) : Les socialismes français à l’épreuve du pouvoir (1830-1947). Pour une critique mélancolique de la gauche, éditions Textuel
- Jacques Rancière : Le spectateur émancipé, éditions La Fabrique
- RETORT : Des images et des bombes. Politique du spectacle et néolibéralisme militaire, éditions Les Prairies Ordinaires

 Filière 10 : Formation et citoyenneté

1. L’accaparement des terres face aux besoins alimentaires
(*)

Jacques Berthelot, Michel Buisson, René Louail
(*) Séance commune avec la filière 2

2. Comment situer les initiatives des pouvoirs locaux et de la société civile dans le cadre de la problématique globale
Jean-François Caron

3. Des alternatives locales au changement climatique
Daniel Fontaine, Cyrielle Den Hartigh

4. La société civile et les pouvoirs locaux face aux dispositifs de la politiques de la ville : "forces de proposition ou laissés pour compte ?"
Monique Crinon

 Filière 11 : Sourds et altermondialisme

Sourds et altermondialisme
Sarah Massiah
Les sourds, porteurs d’une langue et d’une culture, se battent depuis quelques décennies pour se faire reconnaître face à une conception de la surdité de plus en plus normative et médicalisée. Ce combat, qui reste largement méconnu du grand public, sera l’objet de cette conférence. D’abord avec une présentation du monde des sourds pour mieux comprendre la situation actuelle. Puis une réflexion autour des enjeux du mouvement des sourds, avec les questions délicates de l’acceptation de cette différence qu’est la surdité, de l’éducation des enfants sourds, du respect de la langue des signes et de l’insertion dans la société. Et pour les décisions concernant ces questions, force est de constater qu’il est accordé peu de " voix " aux sourds, d’autres décident à leur place, souvent au nom de leur bien. Finalement, ne pourrait-on pas dire que certains aspects de la lutte des sourds rejoignent les objectifs du mouvement altermondialiste ?

 Plénières

- Quel projet d’émancipation altermondialiste ?
L’altermondialisme ne dispose pas aujourd’hui d’un projet d’émancipation qui lui soit propre. Par "projet d’émancipation" , on entend ici un processus par lequel des femmes et des hommes réunis contestent les dominations qu’ils subissent ou exercent, définissent ensemble le genre de société dans lequel ils ont envie de vivre, et tentent de le faire advenir.
Geneviève Azam, Philippe Corcuff, Thomas Coutrot, Jean-Louis Sagot-Duvauroux

- Faut-il dépasser le capitalisme ?
Le capitalisme est incompatible avec la société solidaire et écologique que nous voulons car il est fondé sur la surexploitation du travail et de la planète. S’il est souhaitable de dépasser le capitalisme, l’expérience historique montre que ce système économique, vieux de cinq siècles, est très résilient. Ceux qui prédisent que la crise va hâter la fin du capitalisme pourraient se tromper. La crise est une occasion historique pour accélérer une grande transformation vers une autre mondialisation qui remettrait la finance et le marché à sa place. Beaucoup dépendra des rapports de force qui s’établira entre les acteurs de la mondialisation, multinationales, groupes bancaires, super-puissances, élites économiques etpolitiques, mouvement social.
Pierre Dardot, Jean-Marie Harribey, Monique Pinçon-Charlot, Dominique Plihon

- L’Europe face à la crise écologique
L’Europe néolibérale est impuissante pour répondre aux enjeux de la crise écologique. Mais les mouvements sociaux et écologistes européens s’organisent pour tenter de changer les rapports de force. C’est dans un esprit de dialogue entre ces mouvements et de nouveaux députés européens qu’est organisée cette plénière sur l’Europe face à la crise écologique : quelles alternatives pouvons-nous porter ensemble pour y faire face ? Avec quelles échéances et quelles mobilisations ? Deux grandes questions seront approfondies : celle du climat, avec en ligne de mire les négociations internationales au sommet de Copenhague en décembre 2009, et celle de l’agriculture, en lien avec la lutte contre les OGM et le démantèlement attendu de la Politique agricole commune en 2013.

De la salle participeront également des responsables de différents mouvements et campagnes impliqués dans des luttes face à la crise écologique (collectif « Urgence climatique, justice sociale », Via Campesina, Amis de la Terre,...).

- Jean Tosti, coordinateur du livre Attac “L’Europe à quitte ou double” (animateur du débat)
- Aurélie Trouvé, co-présidente d’Attac
- Liêm Hoang-Ngoc, élu député européen du PS
- Michèle Rivasi, élue députée européenne d’Europe Ecologie
- Marie-Christine Vergiat, élue députée européenne du Front de Gauche


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^ 2009 : Université citoyenne d’Attac France

Les auteur(e)(s)
Attac France
18/11 : La face cachée des banques
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