Attac France Un autre monde est possible !

CA du 28 mai 2011

Présents :

Gérard Régnier (AC !), Gilles Lemaire (AITEC), Vincent Guerpillon (Artisans du monde), Geneviève Azam, Jacqueline Balvet, Valérie Brulant, Colette Boudou , Geneviève Coiffard-Grosdoy, Jean-Michel Coulomb, Thomas Coutrot, Annie Pourre (DAL), Jean-Michel Dupont, Daniel Rallet (FSU),Hélène Hérin, Thomas Herreng, Daniel Hofnung, Frédéric Lemaire, Wilfried Maurin, Rozenn Perrot, Thomas Borrel (Survie), Maël Theulière, Verveine Angeli (Solidaires), Frédéric Viale, Nikolaz Berthomeau

Excusés :

Hélène Hérin, Rozenn Perrot, Gérard Jouve (SNUI),Thomas Hervé

1. Questions techniques 

*Pour la prochaine fois, chercher une salle plus adaptée (si nécessaire Bourse du travail de 9h à 17h30)

*Proposition pour le compte rendu du CA : mettre un délai pour envoyer des amendements, envoyer rapidement aux adhérents et/ou mettre en ligne

2. Point d'information sur l'Université d'été

*Bonne implication d'Attac France dans la préparation

*Nécessité de donner le programme détaillé maintenant aux adhérents et aux fondateurs, et pour encourager les gens à s'inscrire, mettre le lien sur la fiche d'inscription (à faire dans la semaine, resp. Thomas Herreng)

*Traductions : des craintes ont été émises par les membres du CA, il est nécessaire de vérifier quelles sont exactement les traductions possibles et de faire appel éventuellement à des volontaires pour les traductions manquantes

3. Point d'information sur la réunion des Attac du monde

Elle aura lieu les deux jours avant l'université d'été, à Friburg

4. Autres informations rapides 
  • Journée 11 juin sur le nucléaire à l'appel des Japonais : réseau sortir du nucléaire et Attac co-organisent la manifestation à ParisManifestation ce jour sur l'immigration (dans une cinquantaine de villes- réunion samedi prochain), objectif de pérenniser une coalition large. En perspective : journée internationale le 18 décembre prochain à l'appel du FSM-charte des migrants
  • Journée anti otan et journée anti armement nucléaire-25 juin28 juin journée soirée dette Tunisie
  • Economie sociale et solidaires : deux cahiers validés par attac pour la participation aux journées
  • NDDL : appel à tous ceux et celles qui pourront venir 8-9-10 juillet (surtout le 9), très nombreux débats à assurer
5. Bilan G8-G20 (texte de préparation en annexe)
Introduction par Wilfried Maurin

*Bilan positif mais impact international limité (les organisations privilégient le G20), impact média limité à cause du décalage dans le temps entre les mobilisations nationales et le sommet lui-même

*3 organisations très présentes dans la mobilisation de terrain et la manifestation : Attac, Solidaires, NPA

*Difficultés au niveau local, fortes pressions et répression policière, mais collectif local très dynamique

*Equipe de campagne qui a fait un bon travail : matériel, présence au niveau national et local, caravanes (qui ont renforcé la présence des CL dans la manifestation)...

- Eléments de débat sur la suite et le G20

*Des échéances importantes : les 10 ans de Gênes, où la participation au G20 sera en discussion (les Italiens envisagent une participation importante), réunion internationale à Marseille en septembre lors de la réunion du G7 finances

*Continuer sur l'articulation avec les enjeux de Durban et Rio +20

*Penser le lien avec les mobilisations actuelles dans les pays arabes et en Europe pour la démocratie et contre l'austérité, viser un élargissement au delà des seules forces militantes

*Discussion sur la pertinence du lieu du contre-sommet (Nice ? Sinon Marseille ?). A Nice, mouvement social très faible, mais collectif local qui travaille depuis octobre dernier. A Marseille une coordination des Bouches du Rhône (attac, atmf, emmaüs, partis...) travaille contre le G7 des 9-10 septembre. Mais beaucoup de travail engagé sur d'autres initiatives (cf. Forum social de l'eau en 2012).

*Discussion aussi sur la nécessité de concentrer toutes les mobilisations dans le même lieu ou non.

*Idée d'un procès de la finance ou d'un tribunal des banques, éventuellement viser une initiative à Monaco sur paradis fiscaux.

*Envisager des caravanes dans la continuité de la mobilisation G8

*Renforcer le groupe de mobilisation et de préparation G8 G20 dans Attac

*Nécessité de réfléchir vite avec les partenaires et le collectif local (notamment les questions matérielles : université, hébergement, invitations...). Le bureau, suite à la discussion, consulte les partenaires qui mobilisent le plus et revient vers le CA, avant le 14 (réunion de la coalition nationale).

6. Ecologie société
Introduction de G. Azam
  • Au niveau international, perspectives de mobilisations autour du G20, de Durban et de Rio+20 (auquel on peut rajouter le Forum social mondial de l'eau)
  • Campagne gaz de schiste : en lien avec les questions de la transition énergétique et l'extractivisme. Pose plus globalement la question du mode de développement.
  • Mobilisation dans les Cévennes fin août, Attac doit y avoir toute sa place. Il y a aussi des mobilisations dans d'autres pays (Allemagne, Pologne...).
  • Rio +20 : sur l'environnement mais également sur la pauvreté. Thème principal de cette conférence : l'économie verte dans le développement durable. Les mouvements sociaux, notamment brésiliens, veulent en faire un moment très fort de mobilisation. Cf. ce qui s'était passé en 1992 lors du « Sommet de la Terre » de Rio. En France, Attac est représentée dans le collectif créé à l'initiative de 4D, qui est relativement ouvert. Au-delà, comment faire un travail d'éducation populaire dans Attac sur Rio +20 ?
  • Comment hiérarchiser nos objectifs avec toutes ces échéances (Durban, Rio +20) et dans les différents cadres et échéances (séminaire Rio +20 fin juin, Climate justice now...) ? Mais pour cela nous avons besoin d'argent. La décision de financer des représentants sera prise en bureau, sur proposition de la commission internationale.
Décisions après débat
  • Mandat donné au bureau pour réfléchir sur des financements supplémentaires pour l'international. Attention à porter sur les mandats internationaux d'Attac donnés à des personnes
  • Importance de l'échéance de Rio +20, qui pose la question du mode de développement
  • Messages politiques que nous pouvons porter autour de Rio +20 : critique de la croissance verte, construction d'une stratégie globale de la relocalisation - en lien par exemple avec la proposition d'une taxe kilométrique -,... Importance d'avoir des messages politiques propres à Attac
  • Plus généralement, il faut réfléchir à la priorisation dans Attac France de cette échéance Rio +20, sachant la campagne des présidentielles en France. Il faut réfléchir également à l'investissement humain dans cette campagne, comme dans nos autres campagnes prioritaires (G20, finances, Europe...). Il est proposé d'avoir une discussion générale en CNCL sur ce calendrier militant des douze prochains mois. Texte préparé par Aurélie T. la semaine prochaine, qui pourrait servir d'introduction.
7. Débat sur une initiative pendant la campagne électorale (texte d'introduction en annexe)

Accord général sur la première partie du texte, sur la façon d'intervenir dans la situation politique, d'articuler démocratie et contestation de la finance.

Vote (pour 13, contre 1, absention 8, refus de vote 1) pour une initiative prévue en janvier 2012, dans le cadre de la campagne des élections présidentielles et législatives, qui portera sur la démocratie. Cette initiative sera versée dans la discussion de la prochaine CNCL en plénière. Elle englobe le séminaire sur le lien entre mouvements sociaux et partis politiques.

La question de l'invitation aux partis politiques ou aux candidats sera tranchée plus tard.

8. Débat sur les modifications de l'AG (texte d'introduction de JM Dupont en annexe)

*Opinion globalement favorable à propos de ces propositions

*Décision de considérer ce processus comme non faisable en dehors des AG électives, du fait de sa lourdeur

*Interrogations sur les coûts financiers des assises et de l'AG dans cette nouvelle configuration, sur la faible implication prévue des CL et de la CNCL, sur le « filtrage » des résolutions (faut-il ce filtrage ? faut-il conditionner ces résolutions - par exemple à un nombre d'adhérents qui les présentent - ? faut-il préciser ce qu'on attend des résolutions ?...), sur la pertinence de réunions inter-régionales, sur la tenue d'assises qui puissent attirer suffisamment les adhérents

*Le groupe de travail refait une proposition à partir de la discussion du CA, pour la présenter à la prochaine CNCL

9. Europe (texte d'introduction de V. Angeli en annexe)

*Débat en CNCL : deux résolutions, les membres du CA interviendront dans le débat. 

*Les signatures de la pétition avancent bien. Un point sur la campagne sera à faire après le 7 juin

*Le travail de l'équipe de campagne est très positif.

*Proposition de faire les assises 2011 sur l'Europe (en lien avec les plans d'austérité, la dette, les mouvements démocratiques...), avec l'objectif de faire venir bien plus que 200 adhérents, et en invitant des intervenants sur la question de façon très large, y compris venant d'autres pays européens. L'objectif serait aussi de pallier à l'absence d'université d'été française cette année, en faisant cette année des assises/AG un RDV plus important d'Attac France.

#Annexes
Texte d'introduction au point G8/G20 : De Puerta del Sol à Massena ?

Le bilan de notre mobilisation face au G8 de Deauville est « honorable ». Dans un temps réduit et pour un G8 qui n'a pas fait la une des médias, nous avons réussi, grâce au collectif local notamment, à mobiliser 7000 personnes samedi 21 mai au Havre. Ce bilan est également plus qu'honorable pour Attac vu les conditions. Nous avons été une des rares organisations nationales à réaliser un véritable travail de préparation de la mobilisation. Nous avons organisé une caravane dans les villes autour du Havre, diffusé des communiqués, des tribunes dans la presse, un ouvrage (G8G20) et diffusé régulièrement des informations via notre liste Informons. Hors syndicats, le cortège Attac était le plus fourni de la manifestation, avec de nombreux militants d'Ile-de-France venus en bus. Notre cortège était l'un des plus animés et plaisant de la manifestation. Nous avons également contribué à la qualité des interventions du meeting et des débats du forum du dimanche, en particulier en organisant la venue de nombreux intervenants étrangers. Nous sommes intervenus dans la plupart des débats. Nous avons été, avec le Crid, à l'initiative de la coalition nationale qui réunit 35 organisations et est soutenue par de nombreuses organisations politiques. Et nous avons contribué aux deux réunions internationales (en janvier à Dakar et en mars à Paris) visant à mobiliser au-delà de nos frontières.

Mais il est clair qu'on ne peut se satisfaire des 7000 manifestants au Havre, de plus avec très peu d'internationaux si ce n'est ceux qui étaient invités. Le forum du dimanche, certes de grande qualité, n'a attiré que quelques centaines de personnes. Et quand tous les médias étaient sur place, pendant le sommet, avec la possibilité pour nous de rendre visibles nos idées, mais également de radicaliser nos actions un tant soit peu - tenter de se rapprocher au moins symboliquement de Deauville -, pas grand chose n'a été entrepris, sauf par le collectif local. De façon générale, le collectif national a pâti du peu d'engouement pour la mobilisation face au G8, d'une certaine inertie, d'un manque d'ambition, de créativité et des contradictions traditionnelles de ce genre de coalition. Un décalage pouvait être ressenti au moment du G8, entre d'un côté le conseil international à paris, de l'autre les locaux qui tentaient tant bien que mal de se mobiliser sur place, alors que tous les médias étaient là. Au sein d'Attac, la mobilisation a également été laborieuse, suscitant peu d'intérêt chez les comités locaux engagés pour la plupart sur d'autres sujets. Il n'y a pas eu d'animation réelle et collective d'un travail autour de cette mobilisation et de ce point de vue le pilotage par la commission internationale, appuyée par la commission finance, a été faible. Ainsi, pour la mobilisation à venir face au G20, il faudra faire évoluer la coalition nationale, entreprendre un réel travail collectif dans Attac, avec un accent sur les actions et sur les liens avec les comités locaux de la région.

Surtout, notre mobilisation semble avoir été en décalage complet avec la détresse, les résistances et les mobilisations massives des peuples en Tunisie, en Égypte, en Espagne et ailleurs dans le monde. Mais nous pouvons considérer la mobilisation face au G8 comme une étape pour une mobilisation beaucoup plus importante face au G20. Pour ça, nous avons besoin de retrouver de l'ambition, d'inventer et de s'inspirer du souffle venu du Sud, pour faire de la mobilisation face au G20 une étape, un levier, un soutien des mouvements démocratiques. Les mobilisations nationales et locales qui se multiplient dans le monde ne sont pas tout à fait spontanées, elles s'appuient, entre autres, sur les réseaux altermondialistes tissés un peu partout et se nourrissent des solidarités et convergences internationales. Le contre-G20 qui s'annonce en est une occasion.

Nous devons tenter de faire bouger les lignes, bousculer les organisations et logiques traditionnelles du mouvement social français. Nous pourrions rêver de faire de la place Massena de Nice une place Puerta del Sol face au G20. Du premier novembre jusqu'à la fin du sommet, nous pourrions inviter tous les peuples en luttes à occuper massivement Massena et tout le théâtre de Verdure. Nous pourrions relayer cet appel dans toutes les langues et via tous les canaux possibles, dans les villes, les campagnes, via Internet et les réseaux sociaux. Si des dizaines, des centaines de milliers de personnes annoncent leur venue à Nice, tout sera différent. Indignons-nous et imposons les peuples face au G20.

T. Coutrot, A. Trouvé, texte d'introduction au point élections 2012

Attac et 2012 : Une vraie démocratie, maintenant !

La crise globale accentue chaque jour la contradiction entre l'implacable ordre néolibéral et les aspirations populaires aux droits sociaux, écologiques et démocratiques. Les révolutions arabes et maintenant le mouvement Democracia real ya traduisent le rejet des dictatures policières ou financières et la recherche d'alternatives aux régimes oligarchiques. La crise de légitimité du régime représentatif, confisqué par une classe politique inféodée, a commencé dès les années 1980 comme l’atteste le déclin de la participation aux élections. Mais elle s’aggrave brutalement aujourd’hui , au vu de la servitude volontaire, accentuée depuis le krach de 2008, des élites politiques vis-à-vis de la finance.

L’élection présidentielle française est une caricature de la dérive représentative. Bordée par le respect des intérêts intangibles de la finance, elle se ramène à un combat d’egos, où les choix politiques tiennent peu de place.

La démarche classique d’interpellation – les mouvements sociaux demandent aux candidats de se prononcer sur leurs revendications - demeure légitime mais est d’une efficacité limitée, surtout pour nous dont la première revendication n’est autre que… la rupture avec le néolibéralisme. Il faudra néanmoins y recourir en 2012 sur nos thématiques centrales, seuls ou avec d’autres.

Mais deux nouveautés de la situation nous obligent à aller plus loin. D’abord, la prise de conscience, par une large partie de la population, de cet épuisement du régime représentatif, qui a largement perdu son caractère démocratique puisque les questions politiques importantes sont tranchées ailleurs. Ensuite, la conviction elle aussi largement répandue qu’il ne faut pas attendre grand-chose de la classe politique et de sa capacité à rénover ces institutions épuisées. Aujourd’hui nombreux sont les citoyens qui comprennent que leur intervention directe est devenue indispensable.

Mais ils se demandent : sous quelles formes intervenir ? pourquoi faire ? pour construire quoi, exiger quoi ? Bref : comment réinventer la démocratie ?

Attac s’est fondée précisément pour « reconquérir les espaces perdus par la démocratie au profit de la finance » (statuts de l’association). Nous avons travaillé inlassablement à dénoncer cette opération de confiscation de la démocratie, à en démonter les rouages et à proposer des politiques alternatives. Nous avons donc toute légitimité pour jouer un rôle important dans cette quête d’une vraie démocratie, même si nous avons un retard à combler dans la réflexion sur le renouveau des formes institutionnelles de la démocratie politique.

Car la reconquête ne saurait être un retour vers le passé. Elle signifie à la fois l’innovation dans les modes de mobilisation populaire, permettant d’intégrer les jeunes générations, et l’invention d’institutions qui permettent au peuple d’exercer réellement son pouvoir – la « démocratie réelle ».

Pour marquer sa présence et son utilité dans cette quête démocratique renouvelée, Attac pourrait organiser début 2012 à Paris une grande conférence internationale rassemblant plus de 1000 participants autour de la thématique « Une vraie démocratie, maintenant ! ». Citoyens, animateurs des luttes sociales, chercheurs, responsables politiques, mettraient en débat :

les expériences historiquement innovantes en matière de contrôle démocratique de l’économie et de la politique ;

les innovations institutionnelles permettant de renforcer durablement le pouvoir du peuple sur l’État et l’économie ;

les modes de mobilisation et formes de luttes émergentes ;

les besoins et modalités de coordination et de capitalisation des expériences dans divers champs de lutte et divers pays ;

- etc…

Cette manifestation pourrait donner une visibilité à Attac dans une période éminemment contradictoire, où les médias seront focalisés sur le cirque présidentiel mais où grandira en même temps la conscience que l’élection de 2012 ne résoudra à elle-même aucun des problèmes importants. Notre positionnement sera clairement perçu non pas comme antagonique à la politique institutionnelle mais comme se situant au-delà, dans la perspective d’une réinvention de la démocratie qui pourrait seule rendre tout son sens à l’action politique.

Introduction au point Europe, V. Angeli

Ce texte se veut une intervention dans le débat mais pas une conclusion ou un texte global d'orientation.

La CNCL va soumettre au vote deux textes "Délégitimer les traités de l'UE, s'en affranchir, refonder une autre Europe" et "Union européenne : délégitimer d’abord, désobéir ensuite"

Ces textes sont le résultat de débats qui traversent la CNCL et un certain nombre de CL et qui vont continuer.

Voici quelques éléments pour évaluer ce que sont les enjeux en discussion à ce point du débat et qui pourraient donner la trame d'une intervention du CA à la CNCL.

A l'origine le texte proposé à l'issue d'une réunion d'atelier de la CNCL reprenait le mot d'ordre de "Désobéir à l'Union européenne". Ce type de positionnement ne saurait résumer une orientation, et ce pour plusieurs raisons.

  • Nous somme certes en période pré-électorale en France, mais les enjeux immédiats ne sont pas simplement ceux-là : nous menons campagne en direction des parlementaires européens afin, non pas qu'ils désobéissent, mais qu'ils rejettent des dispositions qui renforcent les politiques d'austérité et qu'ils en prennent d'autre. Nous souhaitons donc agir directement sur ceux et celles qui prennent les décisions.
  • Ces jours-ci, les yeux sont tournés vers les jeunes de l'Etats espagnol. Ils désobéissent, de fait à leur propre gouvernement, en bravant les restrictions du droit de manifester.Ils portent des exigences démocratiques qui valent remise en cause de la classe politique mais aussi des structures traditionnelles (rappelons que la mobilisation syndicale sur les retraites s'est achevée dans la division dans l'Etat espagnol). La désobéissance là, est portée, et c'est son intérêt, par des forces vivantes qui parlent pour elles-mêmes. L'affirmation dans un pays européen, où pourtant la démocratie semble exister, de jeunes qui reprennent les symboles issues des mobilisations des pays arabes en dit long sur la distanciation démocratique et sur le mécontentement social. Donc, pour définir une orientation, nous avons aussi intérêt à porter des exigences, des propositions qui renvoient aux processus réels de mobilisations et à ce que les gens peuvent faire eux mêmes (désobéissons et/ou désobéissez).
  • L"exigence de "désobéissez" reflétait une partie du débat sur le positionnement d'un éventuel gouvernement progressiste en Europe. La question de désobéir, d'appliquer ou non les exigences définies en commun par des gouvernements réactionnaires et néolibéraux et l'UE est évidemment une question qui se poserait à tout gouvernement progressiste en Europe, comme d'une certaine manière elle s'est posée au Portugal lors de la démission du premier ministre suite au vote négatif des députés sur le plan d'austérité il y a deux mois. Ce n'est certainement pas ce que nous pouvons exiger de celui que nous avons en ce moment. Cela a donc aujourd'hui essentiellement un caractère d'interpellation et de clivage dans la gauche. Nous ne nous l'interdisons pas sous des formes diverses, mais ça ne saurait résumer notre travail d'association.

La question qui reste posée dans ce contexte est toujours la même, qu'on regarde les questions sous l'angle politique ou sous l'angle social : quelle est l'articulation ou plutôt quelle fluidité pourrait exister entre des mobilisations qui ont un cadre national et des enjeux, qui ont un cadre européen, concertés entre gouvernements et portés par des institutions.

On ne peut se contenter de réponse sociales ou politiques dans le cadre national car elles dessinent un paysage du seul contre tous qui donne une posture agressive (en version nationaliste exacerbée : exemple la fermeture des frontières) ou défensive et isolée (refuser la politique européenne jusqu'à ce qu'on nous l'impose).

Il y a à l'évidence une faiblesse du mouvement social sous ses différentes formes à poser les enjeux de la confrontation au niveau européen. Cela renvoie à une faiblesse et une division du mouvement social traditionnel mais aussi à l'évolution du cadre européen, son élargissement, la difficulté à y poser des revendications d'ensemble...

A Attac depuis longtemps, nous faisons ce travail d'essayer de rendre lisibles les politiques européennes et de trouver toujours les moyens d'agir aux niveaux, local, national et européen. C'est depuis longtemps l'enjeu de débats internes importants. C'est cet effort là que nous devons continuer pour continuer dans notre cadre commun.

Il s'agit pour nous d'agir concrètement :

- dans le champ social et politique ici en France en participant aux mobilisations sur les enjeux sociaux qui tous se confrontent à des politiques européennes. Et en ayant un niveau d'exigence clair par rapport à ceux qui nous gouvernent ou qui envisagent de le faire, donc de possibles interpellations

- être en permanence dans la solidarité et l'action avec les acteurs d'autres pays qui se mobilisent en Europe : mobilisations sociales, syndicales, de jeunes

- de continuer à travailler dans les différents cadres : attac d'Europe, FSE, JSC, rencontres de jeunes au niveau européen... pour produire un discours et de la mobilisation au niveau européen. C'est dans cette insertion que nous avons des propositions sur la crise financière, sur la dette, l'articulation entre le social et l'écologie, l'harmonisation sociale et fiscale par le haut ...

Ainsi, nous concevons la discussion sur nos orientations, sur les alternatives en Europe comme un travail de réflexion important pour nous mais que nous confrontons en permanence à cette insertion dans les mouvements européens. Cela ne se réduit pas non plus au questions sociales, sachant que nombre des mouvements sociaux pour les plus jeunes d'entre eux agissent aussi à l'interaction du social et de l'écologie.

 

Crédits et mentions légales. Propulsé par Drupal. Conception : ATTAC France. Design & Réalisation : LEKTUM.