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« À nous les banques » : premiers succès

  • Type d'article: Analyse
  • Mots clefs: système bancaire
  • La campagne « À nous les banques ! » lancée par Attac et les Amis de la Terre commence à porter ses fruits. De nombreux comités locaux ont organisé des actions symboliques et spectaculaires devant des agences bancaires de leur ville, rencontrant toujours la sympathie du public. À cette occasion, les militants distribuaient le questionnaire adressé aux banques par la campagne. Début juin, huit des dix banques interrogées1 avaient renvoyé un questionnaire rempli. Seuls les groupes Crédit Mutuel-CIC et Banques populaires–Caisses d'Épargne (BPCE) n'ont pas répondu à notre sollicitation : piètre comportement pour des banques mutualistes ! Cela confirme que leurs dirigeants s’éloignent de plus en plus des idéaux démocratiques du mutualisme et de la coopération.

    Il s’agit d’un premier succès pour la campagne « Les banques sont à nous ! » : les banques – sauf exceptions regrettables – commencent à comprendre qu'elles devront rendre sans cesse davantage de comptes à la société civile. Les citoyens n'admettent plus le comportement opaque et irresponsable des directions des banques, qui a provoqué la crise financière de 2007-2008 (crise qui se poursuit aujourd'hui sous d'autres formes). Ils veulent un système financier modeste, qui serve les besoins de la société au lieu de régenter l'économie.
    Attac et les Amis de la Terre ont publié fin juin un premier rapport pour rendre compte du degré de transparence ou d'opacité des banques face aux questions que nous leur avons posées. Il s'agissait dans un premier temps d'évaluer les banques non pas sur ce qu'elles font, mais sur leur volonté de le dire ou de le cacher. Ce premier rapport sur la transparence montre qu'elles sont très inégalement disposées à rendre des comptes sur les impacts de leur activité. Quatre groupes apparaissent. Le premier comporte le Crédit Coopératif et La Nef , qui ont répondu avec précision à pratiquement toutes les questions posées. Le deuxième groupe, avec HSBC, Dexia, le Crédit Agricole, la Banque Postale, a fait un effort pour répondre au questionnaire, en laissant cependant des points importants dans l’ombre. Le troisième groupe, BNP Paribas et Société Générale, manque de transparence sur de nombreux points importants. Enfin le bonnet d’âne est décerné à BPCE et au Crédit Mutuel-CIC qui ont ignoré notre questionnaire.

    Les questions qui gênent le plus les banques sont d’abord celles qui concernent leur rapport à leurs clients les plus précaires. Les crédits revolving qui enfoncent souvent ces clients dans le surendettement, les commissions prélevées, les interdictions de chéquiers : les banques ne souhaitent visiblement pas qu'on mette le projecteur sur cet aspect de leur activité, très sensible socialement mais très rentable économiquement.

    Le deuxième volet obscur concerne la démocratie : à la question sur la participation des parties prenantes à la définition des politiques de crédit, les banques répondent difficilement, comme s'il était incongru que les syndicats, les groupements professionnels, les associations d'usagers ou de défense de l'environnement aient leur mot à dire dans la manière dont l'argent du public est orienté vers le financement de l'économie.
    Le troisième domaine opaque touche aux conséquences écologiques de leur activité : les banques tergiversent pour dire si elles publient ou non la liste des grands projets qu’elles financent, ou si elles sont impliquées dans des projets critiqués par les associations pour leurs conséquences sociales et écologiques désastreuses. Elles se cachent souvent derrière de vagues chartes, et refusent pour la plupart de se référer à la liste des projets publiée par les Amis de la Terre, qui ont pourtant une longue expérience dans ce domaine.

    Un deuxième rapport, qui sera publié en septembre, analysera en profondeur la nature des réponses fournies et ce qu'elles révèlent des pratiques des banques. On pourra alors seulement évaluer le degré de responsabilité sociale et environnementale des banquiers. Ce rapport sera l'un des éléments majeurs versés au dossier du Tribunal des banques prévu à l'occasion du G20 de Cannes, en novembre. Tous les adhérents d’Attac et les comités locaux sont invités à devenir acteurs de cette campagne, qui devrait marquer le paysage politique et social en cette période d’instabilité financière de plus en plus inquiétante.

    • 1. 1. BNP Paribas, Banques Populaires - Caisses d'Epargne (BPCE), Crédit Agricole, Crédit Coopératif, Crédit Mutuel – CIC, Dexia, HSBC, La Banque Postale, La Nef, Société Générale.

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