Éditorial 40 : Nationaliser les banques
Depuis plus de 10 ans, Attac démontre que la
finance débridée ne peut que conduire aux crises
désastreuses que l’on connaît et propose les
remèdes à administrer.
Le système bancaire, et financier, est au centre
du système. Michel Husson,
économiste, membre du Conseil économique
d’Attac-France, reprend ici "Nationaliser
les banques" qu’il a, par ailleurs, publié dans le
numéro 1168 de Politis du 15 septembre 2011.
Il va de soi que l’inscription des banques dans un
environnement public s’accompagnera d’un processus
semblable pour l’ensemble du secteur financier.
JC
Voir
l’intégralité de l’édito
Démocratie
Le quotidien L’humanité a demandé à Jean-Marie
Harribey, économiste membre du Conseil scientifique
d’Attac-France, cinq
courtes chroniques qui sont parues début
septembre.
Dans chacune d’elle, il réfléchit à ce qui, à ses
yeux, pourrait bien sauver l’honneur et la logique
s’il était, riche, néolibéral, banquier, ministre de
l’éducation nationale ou socialiste !
JC
Biens et maux publics
Que, lors des manifestations contre la faim devant
le palais de Versailles en 1789, la femme de Louis
XVI ait prononcé cette phrase ou qu’elle soit
apocryphe, reflète parfaitement l’autisme,
ordinaire, des fortunés et des gens de pouvoir ! La
crise financière des années 1780 et les privilèges
de plus en plus insupportables qui caractérisent
l’ancien régime ont été insuffisants à ouvrir les
yeux des puissants.
Hier comme aujourd’hui, les propriétaires du capital
et leur mandataires croisent les doigts en étant
persuadés que, maîtres du monde, ils peuvent
continuer ainsi. Pourtant, l’Histoire montre
qu’eux-mêmes et leur caste finissent quand même par
disparaître !
Le US Census Bureau travaille dans le département
des affaires économiques et statistiques du
ministère du commerce des États-Unis ; il recense,
croise et analyse tout ce qui concerne la population
étasunienne. Il dispose d’un statut spécial et des
ressources correspondantes ; il compte près de 6 000
fonctionnaires. C’est dire qu’il a les moyens de
mener les investigations qu’il entend conduire.
En illustration de l’article "Ah, l’indépendance de
la BCE !" dans la rubrique Économie de ce numéro, on
lira cet article
diffusé maintenant en plusieurs langues ; on
s’interrogeait, entre autres, à propos de la
"culture" grecque d’échapper à l’impôt sur, non plus
la "culture" mais sur l’évasion fiscale bien réelle
des 250 milliards de dollars que des armateurs ont
mis en place en les "cachant dans des banques
suisses.
Il s’agit, ici, du témoignage du Dr. Günter Tews,
juriste allemand qui connaît bien la Grèce.
Depuis sa prison, Rosa Luxembourg écrivait "Nous
assistons à l’effondrement du vieux monde qui croule
par pans entiers, jour après jour. Ce qui est le
plus surprenant, c’est que la plupart des gens ne
s’en aperçoivent pas et croient marcher encore sur
un sol ferme."
JC
Brèves - Parutions
Notre amie Isabelle Bourboulon publie sous ce
titre, chez Bayard Éditions, le résultat d’une
enquête qu’elle a menée pendant un an auprès de
grandes entreprises et de services publics.
Le quotidien Les Échos en rend
compte.
JC
La Lettre du Conseil scientifique d’Attac-France
n’a jamais fait référence au CERAS (centre de
recherche et d’action sociales), animé notamment par
des jésuites.
C’est un tort qui mérite d’être réparé en faisant
référence, en premier lieu, à cet article de
l’économiste Gaël Giraud "Vers le Krach des
dettes publiques"
JC
Le document de plus 500 pages en français "Regards sur
l’éducation 2011" rassemble une foule de
données statistiques.
Entre mille informations et analyses on relève cette
observation "En 2009, le taux de chômage des
diplômés de l’enseignement supérieur est resté
constant, à 4,4 % en moyenne dans l’ensemble des
pays de l’OCDE, alors que chez les personnes qui
n’ont pas terminé leurs études secondaires, le taux
de chômage a atteint 11,5 %, contre 8,7 % en 2008.
Cette tendance vient s’ajouter à l’énorme problème
du chômage des jeunes, qui passe aujourd’hui la
barre des 17 % dans la zone OCDE".
JC
Plusieurs membres de la Commission Méditerranée
d’Attac-France, dont plusieurs sont membres de son
Conseil scientifique, ont publié "La Méditerranée,
entre rives et dérives" aux éditions "Le Bord
de l’eau"
On pourra lire ici
la présentation qu’en font les auteurs.
Il s’agit d’un tableau global, y compris historique,
dressé de la région et, bien entendu les rôle joués
par le néolibéralisme dans son ensemble et les
grandes puissances.
JC
Relations internationales
Le FMI a publié en septembre 2011 une version
française d’une partie de son rapport "Perspectives de
l’économie mondiale" et avait publié en
juillet précédent ce qui est dénommé "rapport des
services" consacré à la France
L’institution de Washington regorge d’économistes,
souvent de talent, mais leur première
caractéristique est de s’être coulés dans le moule
du libéralisme ; hors les marchés point de salut.
On pourra lire, sous la même rubrique, un courte
présentation de "Perspectives de l’économie
mondiale" du FMI.
On peut adresser bien des reproches au Fonds
monétaire, certainement pas celui de parcimonie en
matière de rapports -de quotidien à annuel- de
toutes natures.
Tous les semestres par exemple, le FMI publie un
"Global financial stability report" que les initiés
dénomment bien entendu GFSR.
La CNUCED (Conférences des Nations Unies sur le
commerce et le développement) publie la version 2011
de son rapport annuel "TRADE AND
DEVELOPMENT REPORT"
On pourra lire ici,
la présentation qu’en fait Jacques Cossart,
économiste, membre du Conseil scientifique
d’Attac-France, sous le titre "Keynes, reviens ! Ils
sont devenus fous !"
JC
Pourquoi donc réglementer ?
C’est même le contraire qu’affirment les
propriétaires du capital qui, dans la
réglementation, voient une mise en cause de leurs
profits.
SOMO, née au début des années 1970 aux Pays-Bas
-d’où son sigle qui en néerlandais, signifie centre
de recherche sur les transnationales- est une ONG
qui travaille sur le fonctionnement de l’économie
mondialisée et dispose de ses propres chercheurs.]
Myriam Vander Stichele est l’une de ses
chercheuses ; elle a publié “Liberalisation
limits regulation that stabilises financial
markets”
Frédéric Viale, qui suit notamment, les questions
relatives au libre-échange a eu l’excellente idée de
traduire
cet entretien. On verra combien Myriam Vander
Stichele estime que le capitalisme néolibéral sait
parfaitement faire feu de tout bois.
JC
Dé-mondialiser ou mondialiser autrement ?
Le débat relatif aux barrières douanières qu’il
conviendrait d’élever dans nos pays pour se protéger
de ce qui n’est pas, quand on reste entre soi,
dénommé hordes barbares est souvent très vif. Ce
numéro 40 de La Lettre du Conseil scientifique
d’Attac-France en rend compte partiellement.
Pourtant, il semble bien que, seule la mise en œuvre
du processus "bien public mondial" soit susceptible
de protéger véritablement les... 6,5 milliards
d’êtres humains.
Le Boston consulting group (consultant en stratégie
d’entreprise créé à Boston aux États-Unis au début
des années 1960) compte aujourd’hui quelque 7 000
personnes. Il a publié en août 2011 "Made in America
again".
Écologie et société
Depuis sa création Attac affirme, et démontre, que
les marchés ne peuvent pas être un instrument de
régulation, moins encore dans l’intérêt des peuples
et le respect de la planète.
Comme on pouvait le craindre, nous n’avons pas été
entendus ; les profits en jeu sont beaucoup trop
importants pour que les propriétaires du capital
acceptent de voir se fermer une telle caverne d’Ali
Baba !
Profitant des discours -parfaitement fondés au
demeurant- portant sur la nécessité des réduire les
gaz à effets de serre (GES), les mêmes ont tenté de
transformer l’un des plus importants - le CO2- en
nouvel Eldorado ; ils sont en passe d’y parvenir !
Le figaro.fr du 21
septembre, cultive la peur... des milliards,
750 qui engloutiraient la France en cas de pareille
sortie. Mazette !
Le quotidien s’abrite derrière l’autorité du Haut
commissaire à l’énergie atomique, Bernard Bigot, qui
n’a pas pris le risque d’avancer lui-même pareil
chiffre mais, n’a pas, non plus, pris la peine de le
contester.
L’INSEE a publié dans le numéro 1357
d’INSEE Première de juin 2011 , une étude
relative aux émissions de CO2 en rapport avec les
déplacements.
Parmi la quantité d’informations fournie, on pourra
noter que, en moyenne, un habitant de pôle urbain
émet deux fois moins de CO2 que le Français moyen.
On note aussi que s’agissant des transports, la
voiture, qui assure 64 % des déplacements, est
responsable de 90 % des émissions de CO2.
JC
L’OIT publie une étude de près de 500 pages
relative aux exigences et conséquences eu égard aux
"emplois verts".
Cette étude s’intitule SKILLS FOR GREEN
JOBS A GLOBAL VIEW. Elle s’appuie sur les
recherches particulières conduites dans 21 pays :
Afrique du Sud, Allemagne, Australie, Bangladesh,
Brésil, Chine, Costa Rica, Danemark, Égypte,
Espagne, Estonie, États-Unis, France, Inde,
Indonésie, Malaisie, Philippines, République de
Corée, Royaume-Uni, Thaïlande et Ouganda.
Dépossession des terres et sécurité alimentaire
Oxfam a publié, en français, le 22 septembre 2011 une étude
intitulée "Le scandale grandissant qui entoure la
nouvelle vague d’investissements fonciers"
On y apprend que l’ampleur du "détournement" est
considérable puisque, sur la dernière décennie,
l’ensemble des pays du Sud a ainsi loué ou vendu 227
millions d’hectares -équivalent à la superficie de
l’Europe de l’ouest nous précise le rapport- de
terres arables !
Une analyse comparée des impacts environnementaux
de la communication par voie électronique a fait
l’objet d’une étude produite, à l’été 2011, sous
l’égide de l’ADEME ( Agence de l’Environnement et de
la Maîtrise de l’Énergie) . Cette étude
tente de montrer que la pratique d’échanges de
messages électroniques -dénommés maintenant de
manière quasi universelle mail ou email, y compris
par les non anglophones- "est particulièrement
gourmande en énergie, en grande partie en raison de
la grande quantité de courriels envoyés par le
monde".
L’énergie électrique !
La production et la distribution de l’énergie
électrique a fait l’objet de nombreux articles de La
Lettre du Conseil scientifique d’Attac-France,
d’ailleurs dans le cadre plus large de l’énergie.
A la suite de la suggestion faite à Attac de
recommander d’adhérer à Enercoop, Christiane Marty,
ingénieure membre du Conseil scientifique, a écrit "L’idée de
promouvoir Enercoop est plus que discutable".
Économie
La Banque centrale européenne, dont le but
essentiel est d’empêcher l’inflation, est
indépendante ; Monsieur Trichet y veille comme à la
prunelle de ses yeux et on peut compter sur Monsieur
Daghi, ancien vice-président de Goldman Sachs, qui
doit lui succéder en novembre 2011, pour s’accrocher
à cette règle. Mais, démontrent beaucoup, c’est une
turpitude, oui, et alors !
Eric Toussaint, membre du Conseil scientifique
d’Attac-France et président du CADTM Belgique,
publie "Pourquoi la crise
frappe l’Union européenne davantage que les
États-Unis".
Le 17 juin dernier, le conseil scientifique d’Attac
a organisé un débat sur le thème de la décroissance.
Le dossier qui suit contient 4 textes, rédigés par
Paul Ariès, Geneviève Azam, Thomas Coutrot et
Jean-Maris-Harribey , qui reflètent bien la richesse
et le caractère très constructif des échanges au
cours de cette réunion. Dominique Plihon a introduit
la réunion en faisant remarquer que le CS
s’intéresse depuis longtemps à la question de la
décroissance.
Dominique Taddéi, économiste, ancien député, membre
du Parti socialiste dont il a été secrétaire
national, s’est prêté le 1er septembre 2011 à un
entretien avec Bastamag intitulé "Crise mondiale : Nous sommes
revenus quelques années avant 1914…
La Lettre a déjà publié, à plusieurs reprises, des
analyses de Dominique Taddéi qui, comme le présente
Bastamag, est incontestablement un économiste
altermondialiste.
Tel est l’appel au secours lancé, en plein été, par
la fine fleur du capitalisme européen.
Ce sont, en effet, quarante "patrons", industriels
et banquiers, qui lancent cette sorte d’appel au
secours avec leur "La crise
européenne est une crise de la dette, pas de
l’euro" publié dans Le Monde du 20 juin .
La Toinette du Malade imaginaire allant répétant
"le poumon, vous dis-je" savait, elle, qu’elle
racontait n’importe quoi !
Comme l’indique l’éditorialiste des Échos à propos
du budget concocté par le gouvernement français pour
2012, c’est "un bon budget pour convaincre les
marchés d’offrir des taux d’intérêt bas sur notre
dette". On ne saurait mieux dire. Pourtant, si on
prétend proposer un inventaire dont l’humour serait
la pierre angulaire, mieux vaut semble-t-il,
s’appeler Jacques Prévert que Valérie Pécresse ou
François Baroin ! A quoi donc rime cette liste
ahurissante (pseudo taxation des hauts revenus, taxe
sur les sodas, réduction de l’avantage Scellier,
taxe sur les chambres de bonnes, pseudo éco-prêt,
reconduction de la faveur fiscale pour les
handicapés rénovant leur habitation, pseudo taxe
carbone, etc. le ratons-laveurs ne son pas touchés
il est vrai) si ce n’est cacher la réalité d’un
budget qui reste un budget de classe s’appuyant sur
les marchés ?
Anna Ivanova and Sebastian Weber dans "Do Fiscal
Spillovers Matter ?", s’interrogent gravement
pour savoir si les politiques fiscales peuvent avoir
un effet !
P’t’être ben que oui, p’t’être ben que non !
Peut-on oser demander à ces deux éminents experts
dans quels pays, ils ont pu observer, ces trois
dernières décennies, une véritable réforme fiscale
qui se serait inscrite dans un renversement des
paradigme du néolibéralisme ?
JC
Enfin et seulement !
On lira ici
le communiqué d’Attac-France où tout est dit à
propos de la proposition de Monsieur Barroso.
On peut, notamment, "s’étonner" en effet de
l’exclusion des transactions de changes dans le
périmètre de ce qui serait taxé ainsi que du taux de
0,01 % sur les fameux produits dérivés.
Espérons qu’il ne s’agit pas là de subterfuges
permettant de "tout changer pour que rien ne
change" !
JC
Chère fiscalité !
Les articles de la Lettre du Conseil scientifique
d’Attac-France portant sur la fiscalité, qu’elle
soit nationale ou mondiale, sont nombreux.
Plusieurs membres du Conseil scientifique
d’Attac-France, dont Vincent Drezet secrétaire
général du SNUI (syndicat national unifié des
impôts), ont préparé une sorte de vade-mecum
intitulé "La justice fiscale vite !" qui fera
l’objet d’une publication qui doit sortir en
librairie très prochainement.
Il s’agit d’une réponse aux idées reçues balayant
quinze affirmations qui, malheureusement, forment le
socle de la croyance fiscale en France.
Beaucoup de vraies-fausses affirmations sont ainsi
démontées.
On lira "La France
est une exception : c’est la championne du monde
des prélèvements obligatoires !" qui sera le
premier chapitre de l’ouvrage.
JC
On lira avec avantage le communiqué d’Attac-France
"Taxe Tobin en
Europe : une avancée qui vient trop tard"
En effet !
Après avoir tant diminué la fiscalité des
transnationales et des riches, les États sont aux
abois et, pour autant, cherchent de manière
totalement schizophrénique, à "rassurer les
marchés" ; c’est bien peu.
Comme l’indique le communiqué, "on peut regretter
que le taux proposé [sur les produits dérivés] ne
soit alors que de 0,01%" mais on peut aussi exiger
que, pour une véritable régulation financière, ce
soit toutes les transactions financières, qui soient
prises en compte.
Les marchés, vous dis-je, les marchés !
Le FESF (Fonds européen de stabilité financière)
est le fonds commun de créances créé par les 27 pays
de l’Union en 2010. Ce Fonds ne serait pas à la
hauteur des besoins ! Que faire ? Tout simplement,
utiliser la "technique" des dérivés qui a tellement
profité à l’économie mondiale ces dernières
années.... Annuler de la dette ? Vous n’y pensez
pas, un bon levier bancaire et le tour est joué !
Altermondialisme
Au premier semestre 2011, un substantif a fait
florès : démondialisation ; en même temps que se
sont multipliées les publications sur ce thème.
Parce que leurs auteurs sont dans le camp
altermondialiste, l’attention a d’abord été portée
sur deux ouvrages, celui de Jacques Sapir, "La
Démondialisation", avril 2011 au Seuil, puis celui
d’Arnaud Montebourg, "Votez pour la
démondialisation", en mai 2011 chez Flammarion.
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